LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS OEUVRES IX

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS OEUVRES IX
LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS OEUVRES IX
LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS OEUVRES IX
LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS OEUVRES IX

Idrissa Zorom interroge la pratique de la coopération culturelle et touristique du Burkina Faso

 

Lorsque Christophe Colomb revint de sa fameuse découverte de l’Amérique en 1492, il fut reçu avec tous les honneurs à la cour royale d’Espagne. Ces détracteurs ne trouvèrent rien d’extraordinaire en ce qu’il avait fait. C’était simple, très simple et n’importe qui aurait pu le faire. Et comme ils étaient à table, Colomb prit un œuf et demanda à ses détracteurs de le faire tenir en équilibre sur la table. Ils firent des pieds et des mains pour arriver à leurs fins mais n’y parvinrent point ! Comme ils n’y arrivaient pas, Colomb reprit l’œuf dont il troua légèrement un des bouts. Par cette astuce du petit trou fait dans l’œuf, il réussit à le déposer bien droit sur la table.  « C’était simple ! Mais il fallait y penser » dit-il alors à ses détracteurs comme pour leur faire remarquer que sa découverte du Nouveau Monde était peut-être simple mais qu’il fallait y songer. Depuis, l’œuf de Colomb désigne en français quelque chose de simple mais d’efficace à laquelle il fallait cependant songer.

Coopération culturelle et touristique au Burkina Faso : Pour un élargissement des opportunités d’accompagnements, paru en ce mois de septembre aux Éditions Educ Afrique, à Ouaga, œuf de Colomb ? C’est cela que nous a inspiré la lecture de ce deuxième ouvrage de Idrissa Zorom. L’œuvre, a priori, paraît simple. Mais il fallait vraiment y penser !

 En effet, dans un style simple mais efficace, l’auteur, cadre du ministère de la Culture et du Tourisme du Burkina Faso, donne à voir la réalité de la pratique de la coopération culturelle et touristique telle qu’elle se fait au pays des Hommes intègres. L’ouvrage de quatre-vingt-douze pages peut être subdivisé en deux parties. La première partie, qui elle-même peut se repartir en deux sous-parties, définit et présente les acteurs de la coopération en matière de culture et de tourisme mais aussi et surtout dresse un tableau des différents types de coopération culturelle et touristique que noue le Burkina Faso : bilatérale, multilatérale, décentralisée, etc. Il ressort ainsi que le ministère en charge de la Culture et du Tourisme burkinabè, sans tambour ni trompette, mène une coopération très dynamique avec plusieurs accords signés, à ce jour, avec des pays d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, etc.

À cette première partie, aussi informative que descriptive où Idrissa Zorom montre comment se pratique la coopération, succède une deuxième partie plus analytique. En effet, dans la deuxième et dernière partie de son ouvrage, l’auteur interroge, analyse la pratique de la coopération culturelle et touristique ainsi qu’elle est conduite de nos jours : ses forces, ses faiblesses. Mais pragmatique, il ne se limite pas aux interrogations, il propose des pistes d’actions pour une coopération davantage porteuse de développement. Ainsi suggère-t-il de donner la primauté à l’approche multilatérale qui dans un contexte de mondialisation présente l’avantage de la mutualisation des moyens techniques et financiers à mettre à la disposition des pays ou des organisations dotés de vision et de programmes.

Sans remettre en cause les autres formes de partenariats, l’auteur propose également de privilégier la coopération en matière de culture et de tourisme avec les États disposant d’Agence de coopération car plus structurés (Maroc, France, etc.) et suggère par ailleurs au Burkina Faso de s’en doter.   

 À travers Coopération culturelle et touristique au Burkina Faso : Pour un élargissement des opportunités d’accompagnement, qui fait suite à Environnement des industries culturelles du Burkina Faso, Idrissa Zorom vient à nouveau alimenter le débat culturel qui se mène actuellement au niveau du ministère que dirige Baba Hama, mais pas seulement. En cela, il fait œuvre utile. Il est à espérer qu’il ne s’arrêtera pas en si bon chemin et que d’autres ouvrages de ce genre, qui ne sont pas malheureusement pas légion dans notre littérature, suivront. C’est en interrogeant, seulement en interrogeant, nos pratiques qu’elles soient : sociales, économiques ou culturelles que nous trouverons, en effet, la voie originale de notre développement et donc de notre émergence.  

Après plus d’un demi-siècle de psittacisme, de mimétisme de l’Occident, et de ses modèles, il est intéressant de constater que les intellectuels africains s’interrogent et interrogent les valeurs et pratiques importées en vue de leur « inculturation incontournable » pour emprunter le mot à Meinrad Hebga dans La Rationalité d’un discours africain sur les phénomènes paranormaux.

Adamou L. KANTAGBA

Publié dans Critique littéraire

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