LITTERATURE BURKINABE ECRITE

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Joseph Sanou et son oeuvre
Joseph Sanou et son oeuvre

Joseph Sanou et son oeuvre

L'histoire incroyable d'une famille burkinabè

Conteur, nouvelliste et romancier Joseph Sanou vient de mettre sur le marché, Il était une fois aux Feuillantines, sa dernière œuvre, premier prix du roman  au Grand Prix National des Arts et des Lettres (Gpnal) de la Semaine nationale de la Culture 2014.

Publier une œuvre lauréate de la SNC dans l’année même  n’est pas mince affaire. Aussi Joseph Bakhita Sanou, plusieurs fois lauréat de ce concours en contes, nouvelles et roman, connaît-il tous les obstacles qui jalonnent ce parcours du combattant : l’édition au Burkina Faso, un pays où l’industrie du livre tarde de se faire une place. Mais lorsqu’il rencontre Pénou Achille Somé des éditions L’Harmattan France, ce rêve devient  vite une réalité.  Sorti dans la collection  Encres noires, le premier prix du roman de la SNC 2014 est un chef d’œuvre désormais disponible.

Si son titre, Il était une fois aux Feuillantines, évoque un conte,  il s’agit bel et bien d’un récit réaliste. L’histoire place le lecteur au centre la vie de Daphné, une jeune femme mise sous cloche par son père. N’ayant pas pu devenir professeur d’université, Auguste reporte son ambition sur Daphné qu’il inscrit à l’école dès l’âge de quatre ans. Il s’agit d’une hardiesse dans un pays où cela se fait à sept ans. Mais lorsque la fille prodige trébuche à la porte du baccalauréat, la déception s’installe chez le père. De plus la déesse Amour s’en mêle et corse les données du problème  avec des épines  bien acérées.  Daphné, qui rêvait du calme monacal d’un couvent (les fameuses Feuillantines), doit  alors opérer des choix pour elle-même et pour les siens.

Car, comme le sous-titre (« Histoire d’une famille burkinabè ») l’indique, le destin de Daphné, figure le sort de la deuxième ou troisième génération de femmes du Burkina Faso postcolonial. Conseiller pédagogique du secondaire, Joseph Sanou est constamment intéressé par les questions d’éducation mais, pour autant, les 162 pages de ce roman ne sont pas écrasées par du didactisme, comme on pourrait le redouter. Il s’agit plutôt du début d’une fresque qui éclaire les facettes d’un monde en évolution ultra-rapide. Un univers de l’entre-deux où les destinées individuelles se font une place de plus en plus grande, au détriment des traditions, des communautés et des patriarcats. À lire absolument.

                                                                                Sid-Lamine SALOUKA

                                                             Société des Auteurs, Gens de l’Écrit et des Savoirs

 

Il était une fois aux feuillantines

Il était une fois aux feuillantines

Publié dans Critique littéraire

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