CANDIDATURES INDÉPENDANTES EN 2015

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Crédit photos internet
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OSC, pas plus haut que la chaussure !

Il fut un temps, c’était la question des candidatures indépendantes qui faisait la une et les choux gras de la presse. Les pro et anti candidatures indépendantes s’affrontaient ou se soutenaient à coups de plume ou de micros par médias interposés. Puis la question du Sénat et de la modification de l’article 37 arriva. Une actualité en chassant une autre, la question des fameuses candidatures indépendantes fut jetée aux oubliettes. Mais à la faveur de la Transition et des élections législatives d’octobre prochain, si tout va bien, les OSC (re)donnent de la voix pour exiger, « l’homme fort », l’empêcheur de danser en rond, étant parti, la prise en compte des candidatures indépendantes lors des législatives à venir. Pour cela, les partisans acharnés des candidatures dites indépendantes arguent qu’elles existent un peu partout dans la sous-région et même dans les grandes démocraties. Est-ce pour cela qu’il faut nécessairement les accepter au Burkina Faso ? Le rejet par les Burkinabè de la mise en place du Sénat, qui existe néanmoins dans certains pays du continent et même dans les prétendues « grandes démocraties », et auquel le défunt régime tenait, comme à la prunelle de ses yeux, montre que la réponse n’est pas forcément affirmative. Les défenseurs des candidatures indépendantes avancent par ailleurs que la classe politique actuelle est dépassée, et qu’on ne peut pas attendre grand-chose d’elle. Cela est peut-être vrai. Dans ce cas, il leur appartient d’intégrer la pléthore de partis politiques qui existent déjà et d’impulser avec leurs idées neuves une nouvelle dynamique aux partis qu’ils renforceraient ainsi. Et si parmi tous ces partis qui existent déjà, aucun ne trouve grâce à leurs yeux, ils peuvent, comme l’ont osé certains, sous les « soleils de la Transition », créer la formation politique qui incarnerait le mieux leur « immaculé idéal ». Après tout, le multipartisme est consacré par notre loi fondamentale. Au-delà de tout cela, nous pensons et nous croyons que les partisans des candidatures indépendantes, en tant qu’acteurs des OSC, parce qu’ils participent à la gestion de la cité, font déjà de la politique. C’est cela, en effet la politique dans son étymologie : l’art de gérer la cité. Mais si des acteurs des OSC estiment cela insuffisant, veulent franchir un palier, et faire de la politique politicienne comme les politiciens et/ou politicards, qu’ils enlèvent leur masque, leurs habits d’acteurs de la société ville, d’humanitaires qui leur confèrent une certaine aura et descendent dans l’arène politique et se battent à la loyale, d’homme à homme, comme dirait Laurent Bado, contre leur « alter égo politiciens » ! Pline l’Ancien dans son ouvrage, Histoire naturelle, raconte qu’après avoir exposé des tableaux, Appelle, un peintre grec très célèbre, voit un homme critiquer une sandale dans un de ses tableaux d’art. Le monsieur en question était un cordonnier. Appelle le laissa critiquer la sandale comme il voulait. Il était cordonnier, il était bien placé pour parler de sandales. Le constat terminé, l’homme voulut juger le reste du tableau. Appelle l’arrêta et lui dit : « Cordonnier, pas plus haut que la chaussure. » Il était cordonnier pas peintre ! Cette allégorie pour dire qu’il serait sage aussi pour les acteurs des OSC qualifiés certainement pour les questions de « chaussures », de protection de la veuve et de l’orphelin, bref des plus faibles, de ne pas aller plus haut que la « chaussure ». Du reste, la récente participation chaotique et cahoteuse de certains des leurs au CNT ainsi qu’au gouvernement de la Transition, qui a écorné leur image dans l’opinion, devrait les faire réfléchir et faire réfléchir ceux-là qui voulaient leur donner le bon Dieu sans confession. A bon entendeur, salut ! Adamou L. KANTAGBA

 

 

 

 

 

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Jean-Claude Naba 13/02/2015 19:13

J'aurais pourtant autre chose à dire:
Le procès est-il fait au principe de la candidature indépendante ou à "certains membres des OSC"? L''histoire politique du BF explique que nous ayons développé des réflexes de paranoïa qui nous font voir volonté de manipulation, égoïsme et mauvaises intentions dans les paroles, les actions et même les silences de nos acteurs/actrices politiques. Mais rappelons-nous que le principe de délégation de pouvoir - depuis le conseiller municipal jusqu'au président - repose sur la "connaissance" que l'on a du candidat/de la candidate. Voir en chaque candidat/e indépendant/e un manipulateur/une manipulatrice en puissance, n'est-ce pas une autre façon de dire que "nous, le peuple", sont et resterons d'éternels manipulables/manipulés?
Les partis politiques, le CDP en tête, nous ont apporté la preuve que le fait d'être adossé à un parti ne protégeait aucunement de la manipulation...

Kantagba 13/02/2015 10:48

Merci pour vos observations pertinentes qui viennent ainsi compléter et renforcer l'article. Merci encore.

Bapindie OUATTARA 13/02/2015 10:26

Merci pour cette belle analyse. La candidature indépendante est une promotion gratuite de l'individualisme. L'histoire nous enseigne que dans la plupart des sociétés de l'Afrique précoloniale, c'est la primauté de la collectivité ou du groupe sur l’individu.

Hadiza 13/02/2015 09:26

Belle réflexion! Encore que certaines candidatures ne sont pas si indépendantes et "si sollicitées qu'elles le paraissent...
Bonne sanse nous tous! comme dirait l'autre

karama Tiela Alassane Alphonse 13/02/2015 01:06

Je suis d avis avec vous. Les acteurs de la société civile dans sa majorité sont plus dangereux que les politiciens. Si les fonds alloués aux projets et programmes profitaient aux beneficiaire bcp de choses allait changé.