Comment et pourquoi être sur la toile en tant qu’acteurs du livre ?

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Comment et pourquoi être sur la toile en tant qu’acteurs du livre ?
Comment et pourquoi être sur la toile en tant qu’acteurs du livre ?
Comment et pourquoi être sur la toile en tant qu’acteurs du livre ?
Comment et pourquoi être sur la toile en tant qu’acteurs du livre ?
Comment et pourquoi être sur la toile en tant qu’acteurs du livre ?
Comment et pourquoi être sur la toile en tant qu’acteurs du livre ?
Comment et pourquoi être sur la toile en tant qu’acteurs du livre ?

L’édition en Afrique remonte aux lendemains des soleils des indépendances. Selon Mme Antoinette Corréa, présidente de l’Association des éditeurs sénégalais, il faut, en effet, situer ses débuts dans les années 1978 avec la création, sous l’instigation du poète-président, Léopold Sédar Senghor, des Nouvelles éditions africaines (NEA).

Conscient de l’importance du livre dans la vulgarisation et la promotion des savoirs, de la science, de la culturelle, etc. les éditeurs africains, qu’il s’agisse d’éditeurs prestataires[1], pour reprendre la terminologie du Pr Yves Dakouo, d’éditeurs indépendants ou autres, œuvrent, depuis, maintenant, près de cinq décennies, à produire des œuvres, sans grands moyens, et, très souvent, sans grands soutiens des pouvoirs publics. 

Malheureusement, ces œuvres éditées, au prix de mille et un sacrifices, par les éditeurs indépendants en Afrique sont mal connues, voire méconnues par le grand public. Ces contenus sont, pour ainsi dire, peu ou pas du tout référencer. À titre illustratif, sur un site collaboratif comme Wikipédia, seul 5% des contenus concerne l’Afrique, mais là n’est pas le problème. Le drame, c’est que l’essentiel de ces 5% est produits par des non-Africains !   Or … tant que les récits de chasse seront racontés par les chasseurs, les exploits seront à l’avantage des chasseurs.

Il était temps, grand temps, donc pour les éditeurs indépendants d’Afrique, qui malgré d’innombrables obstacles technico-financiers produisent des contenus, de résoudre cette équation et d’investir la toile. De ce point de vue, l’atelier de Dakar, qui a porté sur la valorisation des catalogues des éditeurs africains francophones et auquel a pris part une vingtaine de maisons d’édition dont : Sankofa & Gurli/ Burkina Faso, Eburnie/RCI, Ganndal/Guinée Conakry, Abis /Sénégal, Papyrus Afrique/Sénégal, Donniya/Mali, etc. ne pouvait pas mieux tomber.  

En effet, au-delà de favoriser la visibilité des éditeurs sur Internet par leur présence sur les réseaux sociaux (généralistes et/ou spécialisés dans le livre) via la mise en valeur de leurs catalogues, de leurs auteurs et des manifestations auxquelles ils participent, l’atelier de Dakar, qui s’est tenu à l’initiative du Labo numérique de l’Alliance des éditeurs indépendants, avec le soutien de l’OIF, contribue à renforcer ce qu’il convient d’appeler la bibliodiversité. Laquelle bibliodiversité occupe une place importante dans la Déclaration internationale des éditeurs et éditrices indépendants de 2014 : « La bibliodiversité est la diversité culturelle appliquée au monde du livre. En écho à la biodiversité, elle fait référence à une nécessaire diversité des productions éditoriales mises à la disposition des lecteurs. Si les grands groupes participent, par l’importance quantitative de leur production, à une certaine diversité éditoriale, cela ne suffit pas à garantir la bibliodiversité, qui ne se mesure pas uniquement en nombre de titres disponibles. Les éditeurs indépendants, bien qu’ils se soucient de l’équilibre économique de leur maison d’édition, sont avant tout préoccupés par les contenus qu’ils publient. Leurs ouvrages peuvent apporter un autre regard et une autre voix, à côté de l’offre éditoriale plus standardisées des grands groupes » (p.4)  

Les éditeurs indépendants d’Afrique doivent donc, plus que jamais, participer à cette bibliodiversité non seulement par la production des contenus, comme ils le font déjà, mais aussi et surtout en les rendant accessible sur la toile.

 Comment et pourquoi être sur la toile en tant qu’éditeur indépendant, tel pourrait être résumé l’enjeu de l’atelier de Dakar. Et le jeu en valait bien la chandelle. Adamou L. KANTAGBA 

 


[1] Cf. DAKOUO Yves, Émergence des pratiques littéraires modernes en Afrique francophone : La construction de l’espace littéraire du Burkina Faso, Paris, Harmattan Burkina, 2011.

 

Publié dans Société

Commenter cet article