LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS ŒUVRES

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS ŒUVRES
LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS ŒUVRES
LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS ŒUVRES

EN QUÊTE DE BONHEUR, EDMOND ZEMBA

 

« Pour Bernadette Dao, quelle est l’unique question ? Ce n’est pas d’être ou de ne pas être. L’unique question de l’Homme (homo), c’est le bonheur qui est un droit et un devoir ». Cette réflexion du Pr Louis Millogo au sujet de Quote-part & symphonie pourrait bien s’appliquer au premier bébé littéraire de Edmond Zemba baptisé En quête de bonheur.

En effet comme dans le recueil poétique de Bernadette Dao, la question fondamentale que pose Edmond Zemba, dans son roman, est d’ordre existentiel : c’est celle du bonheur. À ce sujet le titre du roman, En quête de bonheur n’est pas gratuit encore moins fortuit. Comme Jean Paul Sartre, le romancier est convaincu que l’homme peut et doit, par sa responsabilité et ses choix, conquérir sa liberté et trouver son bonheur sur terre. C’est pour cela que le protagoniste de son roman, Traoré Sékouba, est en quête du bonheur.

Malheureusement, la félicité, à laquelle il aspire, se révèle une ligne d’horizon qui s’éloigne au fur et à mesure qu’il avance. Pire, sa quête du bonheur se clôt de façon dramatique. Edité aux éditions Maïeutique en Côte d’Ivoire en 2014, En quête du bonheur, qui compte 184 pages reparties en 10 chapitres, raconte, pour ainsi dire, la quête du bonheur tragicomique du jeune Traoré Sékouba des bancs de l’école, avec ce que cela comporte comme espoirs et illusions perdues, en passant  par un célèbre gang appelé La Muerte.

D’un point de vue structurel, et c’est là la spécificité de l’ouvrage, le roman de Edmond Zemba est bâti comme une pièce théâtrale.  Comme dans une pièce de théâtre, le 1er chapitre du roman En quête de bonheur intitulé « Môgôyasso » (qui signifie lieu ou terre d’humanité ou de fraternité) est une exposition. Il campe le décor, décrit le lieu où va se dérouler l’histoire : Môgôyasso.

Le chapitre 2 du roman « L’intervention du devin » qui correspond au nœud de l’action dans le théâtre noue l’intrigue qui évolue dans les chapitres 3 à 9 pour se dénouer dans le dernier acte, le chapitre 10, avec la mort de Sékouba.

Par le biais, donc, de la fiction, Edmond Zemba dépeint avec beaucoup de réalisme les réalités d’une Afrique où la jeunesse malgré sa combativité est confrontée à un système miné par la gabegie, le népotisme, etc. avec des passages édifiants avec un brin pédagogiques comme : « Pour vaincre et réussir, les étudiants africains n’ont pas d’autres choix que d’emprunter la voie de la lutte, animés d’un patriotisme éclairé, non en rangs dispersés mais dans l’union. Pour ce faire ils possèdent deux armes absolues : le savoir et la détermination » (p.9). 

« L’homme est libre de ses choix. Cependant, il doit garder et veiller à ce que sa liberté ne devienne pas libertinage. L’excès nuit toujours » (p.174).

Par ces aspects pédagogiques et bien d’autres, Edmond Zemba, au-delà d’agrandir le cercle des écrivains burkinabè, fait œuvre utile. Bon vent alors à l’artiste !

                                                                                                                    Adamou KANTAGBA                                                                              

 

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

 

DAO Bernadette, Quote-part et symphonie, Ouagadougou, Imprimerie nationale, 1992,

 

ZEMBA Edmond, En quête de bonheur, Abidjan, Éditions Maïeutique 2014,

 

Lettres 2 : Textes. Méthodes. Histoire littéraire, sous la direction de PAGES Alain et de RINCE Dominique, Paris, Éditions Nathan, 1995.

 

 

Publié dans Critique littéraire

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Elisabeth T. THIOMBIANO 22/08/2015 13:34

salut. la formation était un peu serrée mais je vais mettre à profit les vacances et avec vos soutiens et la grâce de Dieu sa sera pour bientôt.merci encore.

Adamou 23/08/2015 02:55

Pas de quoi ! Je ferai de mon mieux. Courage !

Elisabeth T. THIOMBIANO 18/08/2015 18:00

salut cool vos publications et très enrichissant. Du courage!

Adamou 19/08/2015 05:29

Merci Elisabeth. C'est bien gentil à toi ! Tu attends quoi, pour ce que tu sais...?

Gnoumou 13/08/2015 21:40

Félicitation à vous monsieur Adamou. Du courage surtout dans cette mission d'éducation et d'éveil des consciences à travers la littérature. Cet ouvrage donne une saine inspiration à nous, écrivains en herbe.
Bon vent!!!!

Adamou 15/08/2015 11:36

Merci Gnoumou pour tes encouragements. Courage aussi dans tes écrits. Si en forgeant, on devient forgeron... en écrivant, on deviendra écrivain. Ne baisse donc pas les bras!

Hadiza Sanoussi 10/08/2015 12:32

Bon vent mon frère, pour tout ce que tu fais pour la littérature burkinabè

Adamou 10/08/2015 17:14

Merci grande sœur. Je le fais avec beaucoup de plaisir. Avec des encouragements comme les tiens, il est certain que je ne peux que continuer. Encore merci.