PROMOTION DU LIVRE AU BURKINA : PIERRE-CLAVER ILBOUDO À LA RENCONTRE DE SES FILLEULS DU LYCEE NAABA BAONGO DE MANGA[1]

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

PROMOTION DU LIVRE AU BURKINA : PIERRE-CLAVER ILBOUDO À LA RENCONTRE DE SES FILLEULS DU LYCEE NAABA BAONGO DE MANGA[1]
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Le Cercle littéraire et artistique lire et écrire continue sa croisade pour la promotion de la lecture et de l’écriture auprès des plus jeunes. Le jeudi 21 avril 2016, le Cercle a offert un rendez-vous littéraire au lycée provincial de Manga. L’invité, une perle rare, un fils de Manga et certainement l’écrivain le plus connu de la localité : Pierre-Claver Ilboudo. L’auteur de Adama ou la force des choses, face à ses filleuls, est revenu sur ses premiers pas en littérature, sur son œuvre faite de quatre romans et d’une nouvelle.

Le sage qu’il est temps n’a pas manqué de prodiguer de sages conseils aux élèves qui se sont mobilisés à cette occasion.

« Que Manga puisse enfanter un fils comme Pierre-Claver Ilboudo » voilà la prière profonde du proviseur du Lycée provincial de Manga, Monsieur Halidou Ouédraogo. Pour qui connait Pierre-Claver Ilboudo, ses œuvres, son parcours scolaire et professionnel, difficile de ne pas y répondre par un retentissant « Amen ».

Une âme bien née !

Pierre-Claver Ilboudo est né à Manga en 1948. À l’époque, comme on peut aisément l’imaginer, aller à l’école n’était pas la chose la mieux partagée. Le « Doyen », comme on l’appelle, se rappelle qu’il lui fallait avaler littéralement douze kilomètres à pied à chaque jour de classe. Après l’obtention de son premier parchemin, il poursuivit ses études au petit séminaire de Pabré.

C’est là que le virus de la lecture et de l’écriture le prit. Pouvait-il en être autrement ? Écoutons le « Doyen » : « Nous avions dans chaque classe, une sorte de petite bibliothèque. Chaque élève devait non seulement lire toutes les œuvres mais aussi en faire un résumé à la fin de chaque mois », se souvient-il.

C’est ainsi qu’en classe de terminal, dans l’attente des résultats du baccalauréat, le jeune Pierre coucha sur papier sa première œuvre : Le fils aîné. Le « hum » chuchoté par les élèves qui écoutaient de façon intéressée l’histoire traduit leur ahurissement. « Ce que le papa Pierre a réalisé, vous aussi, vous pouvez le faire. Il vous faut être aussi des élèves studieux, de lire et de lire encore », a lancé le proviseur à ses élèves. Après Le Fils aîné, publié finalement en 1982, suivront : Le Mariage de Tinga en 1985, Adama ou la force des choses en 1987, Le Retour de Yembi » en 1995 et Madame la ministre et moi en 2010.

« Il faut développer la pensée »

Après ce bref rappel, l’auteur a fait un exposé sur la nécessité pour les élèves d’être des rats de bibliothèques. D’entrée, il note que notre société est basée sur l’oralité. Ce qui n’est pas propice à la lecture. Mais cet état de fait ne suffit pas à justifier le dédain de plus en plus poussée de la lecture et de l’écriture. Pour Pierre-Claver Ilboudo, le livre est un accumulateur d’expériences, de savoir et de choses vécues. Il décloisonne l’individu. C’est pourquoi, il permet à une société de s’émanciper plus facilement.

Pour l’auteur, le livre conduit au développement. Il faut mettre tout sur l’instruction. « Pour atteindre le développement économique, il faut mettre l’accent sur le développement de la pensée », a-t-il préconisé. Comme tous ceux qui sont passés dans la cuisine du Cercle littéraire et artistique lire et écrire, Pierre-Claver Ilboudo a échangé aussi avec le public de Manga autour des conditions de création des écrivains burkinabè.

Questions pour un champion

Les Rendez-vous littéraires, ainsi que l’a souligné le successeur de Adamou Kantagba à la tête du Cercle, Monsieur Urbain Zongo, constituent une vitrine pour permettre aux élèves de discuter en live avec les auteurs. Les élèves de Manga se sont prêté de fort belle manière à l’exercice.

À la question à lui posée par un élève de savoir si on peut vivre de ses écrits, l’homme a répondu : « Sauf si la personne veut rejoindre l’autre monde plutôt que prévu ».  « L’environnement dans lequel les gens écrivent est un peu propice, sinon hostile », a-t-il martelé. Il a partagé l’expérience de certains pays qui ont une vraie politique de développement du livre et d’intégration des écrits locaux dans leurs programmes d’enseignement. Ce qui n’existe pas encore chez nous. Résultat : « Il y a de loin du manuscrit à la vitrine des librairies », a souligné Pierre-Claver Ilboudo.

D’où le natif de Manga tire-t-il son inspiration pour produire de si belles œuvres ? Le roman Adama ou la force des choses est-il le récit de sa propre expérience ? Pourquoi écrire, etc. lui a-t-on demandé.

« Si vous racontez ce que vous avez vécu, ce n’est pas sûr que cela intéresse les gens », a répondu l’auteur. Ecrire, c’est envoyer une bouteille à la mer, c’est mettre quelque chose à l’abri. Partant de l’idée que tout livre a son sort entre les mains du lecteur, l’auteur a signifié que le début de l’écriture est une prise de conscience. « On écrit pour dénoncer, pour partager son expérience, pour partager les expériences de certaines personnes », a confié l’auteur.  Mais pour écrire, a-t-il dit, il faut organiser le silence et mettre la société entre parenthèse.

Est-ce que se référer au résumé des œuvres disponibles sur internet est-il une bonne façon de lire ? « Lire le résumé et lire l’œuvre tout entière, ça fait évidemment deux choses. Le résumé, c’est ce qu’on a voulu vous faire lire. Vous, vous devez lire l’œuvre telle que l’a écrite l’auteur ».

Pour les organisateurs, c’est un satisfecit total. D’ailleurs, dira le président du Cercle, « désormais, cela est la preuve qu’il est temps que nous allions à la rencontre des élèves des autres régions profondes du Burkina et ne pas nous contenter de Ouagadougou ».

Ousmane TIENDRÉBÉOGO, Adamou L. KANTAGBA

 

[1] À lire également dans le quotidien Le Soir

 

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