LYDIA VALÉRIE CONGO, LA VOIX DE LA LITTÉRATURE BURKINABÈ

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

LYDIA VALÉRIE CONGO, LA VOIX DE LA LITTÉRATURE BURKINABÈ
LYDIA VALÉRIE CONGO, LA VOIX DE LA LITTÉRATURE BURKINABÈ
LYDIA VALÉRIE CONGO, LA VOIX DE LA LITTÉRATURE BURKINABÈ

En collaboration avec le journaliste, Ousmane Tiendrébéogo, nous vous offrons, désormais une fois par mois, un entretien exclusif avec ces femmes et ces hommes (écrivains, journalistes, critiques, etc.) qui, sans tambour ni trompette œuvrent, au-delà des mots, au rayonnement de la littérature burkinabè dans et en dehors de nos frontières.

Après Julien B. Naon, nous avons rencontré, pour vous, une animatrice radio, férue de la chose littéraire. Conceptrice et animatrice de « Parole sèche », une émission de la Radio nationale du Burkina qui interroge l'univers littéraire national. Lydia Valérie Congo, puisque c’est d'elle qu’il s’agit, nous livre le pourquoi et le comment de cette émission qui séduit progressivement auteurs et lecteurs.

 

Bonjour madame, pouvez-vous dire à nos lecteurs, au-delà de l’animatrice de l’émission littéraire « Parole sèche », qui est Lydia Valérie Congo ?

Lydia Valérie Congo : Je suis Lydia Valérie Congo, je suis journaliste à la Radio nationale du Burkina depuis une dizaine d’années. Avant, j’ai fait des études en Lettres modernes à l’Université de Ouagadougou, devenue Université Ouaga I Professeur Joseph Ki-Zerbo.

À quand remonte la première émission de « Paroles sèche » ?

J’ai commencé l’animation de « Paroles sèche », il y a environ deux années.

Comment et pourquoi avez-vous éprouvé le besoin de réaliser une émission littéraire ?

La nécessité d’animer une telle émission est due au fait qu’il n’y avait plus d’émission littéraire à la Radio. Dans le temps, il y avait une émission similaire mais quand je commençais l’animation de « Paroles sèche », il y avait pratiquement un vide. Je pense que mon profil de littéraire a également motivé la naissance de cette émission. Il y a aussi le soutien de mes collègues qui a été une donnée importante pour l’animation de l’émission.

Que signifie fondamentalement le titre de votre émission « Parole sèche » ?

Cette expression symbolise les propos par lesquels des écrivains transmettent des messages forts, des mots qui viennent des profondeurs de la pensée des écrivains. Ce sont des paroles fortes, des paroles vraies… des paroles… sèches !

Vous semblez ne pas avoir de critères de sélection de vos invités. Vous recevez sur votre plateau pêle-mêle les auteurs. Une explication ?

La raison est simple. Elle tient au fait que je n’ai pas voulu privilégié une catégorie donnée d’écrivains. Et si vous remarquez, j’ai même ouvert l’émission à tout auteur. Elle va au-delà des écrivains. Je reçois mêmes des auteurs d’autres domaines, sans distinction aucune. La politique, l’environnement, etc. Il s’agit ici de ne pas restreindre le champ de l’émission.

Mais je privilégie quand-même les étudiants qui débutent ou encore les anciens qu’on a tendance à oublier. En résumé, il s’agit d’encourager les jeunes qui ont le courage d’écrire mais aussi de ne pas oublier les anciens qui ont écrit et qui ont même très bien écrit.

Avez-vous le sentiment que votre émission « Parole sèche » sert à quelque chose ? À quoi et comment ?

J’ai le sentiment que les auditeurs sont satisfaits. Il y a des gens qui m’approchent pour avoir accès à certains écrits. D’autres m’approchent pour pouvoir accès à tel ou tel écrivain. Il y a des auditeurs qui me recommandent tel ou tel écrivain. Je reçois les félicitations des auditeurs, des écrivains. Ça me suffit.

Au fil des émissions, et au contact de tous ces auteurs et de tous ces critiques littéraires, vous devez être aujourd’hui, une « spécialiste » de la littérature burkinabè. Quelle lecture faites-vous justement de cette littérature burkinabè écrite d’expression française à la laquelle vous vous intéressez tant ?

Spécialiste, non. Pas du tout. Je pense que la littérature burkinabè est riche dans son ensemble. Avant, quand je ne m’étais pas encore pleinement plongée dans cette littérature, j’avais l’impression que les gens n’écrivent pas ou qu’ils n’écrivent pas bien. C’était une erreur. Les Burkinabè écrivent et ils écrivent bien dans tous les genres : le roman, la nouvelle, le théâtre ... La littéralité y est. Les jeunes ne sont pas en reste. Cela se voit lors de la Semaine nationale de la culture. Il y a des œuvres de très belle facture qui témoignent de la qualité de nos jeunes écrivains. Et ces jeunes arrivent à remporter des prix.

Oui, mais qu’est-ce qui de votre point de vue manque à cette littérature ?

Tout de suite, je dirai les moyens financiers. Car il y a beaucoup d’écrits qui dorment dans les tiroirs. Je ne sais pas si c’est l’Etat ou des structures privées qui doivent vraiment voler au secours de cette littérature. Mais il y a nécessité à agir.

Quel est l’écrivain burkinabè qui vous a le plus marqué ? En quoi exactement ?

Beaucoup d’écrivains m’ont marqué. Tout écrivain que je lis ou que je reçois me marque. Je ne saurai citer des noms. Mais tous ceux que je reçois m’apprennent des choses.

S’il vous était demandé de conseiller deux ou trois auteurs burkinabè ?

Cela dépend du domaine dans lequel on se situe. Déjà beaucoup d’écrivains burkinabè mettent l’accent sur le côté socio-éducatif. En la matière, je pourrais : recommander Bernadette Tiendrébéogo, Adamou Kantagba. Pour le côté politique, je pourrai citer, L’hier de Kosyam de Roger Nikiéma.

Un mot de fin ?

Je ne saurai clore cette émission sans remercier Adamou Kantagba qui m’envoie des œuvres ; et lorsque, j’ai des difficultés dans la préparation de l’émission, il est toujours disponible pour m’orienter, autant qu’il peut. Je pense également à la Bibliothèque nationale du Burkina, particulièrement au Pr Yves Dakouo qui m’a ouvert les portes de cette grande bibliothèque. Je remercie tous les écrivains qui me font confiance et qui m’envoient leurs œuvres. Je pense aussi à tous mes collègues qui m’accompagnent dans la production et l’animation de cette émission. Je remercie les auditeurs de la Radio.

Adamou KANTAGBA, Ousmane TIENDRÉBÉOGO

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