FINANCEMENT DES INITIATIVES CULTURELLES PRIVÉES

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

FINANCEMENT DES INITIATIVES CULTURELLES PRIVÉES
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FINANCEMENT DES INITIATIVES CULTURELLES PRIVÉES

Ce qu’un porteur de projet doit absolument savoir

« Coopération et financement des initiatives culturelles privées ». C’est à travers cette problématique que le Centre de recherche en éducation, culture et arts, Educ Afrique, a entamé le troisième chapitre de ses conférences bimestrielles. C’est une lapalissade de dire que l’État abandonné à lui-même, ne peut et ne pourra guère financer les mille et une initiatives culturelles privées.

Conscient de son impuissance, la puissance publique (faut-il encore l’appeler ainsi ?) a prévu, par le biais de la coopération, des mécanismes pour faciliter l’apport d’autres États et/ou partenaires désireux d’apporter leur concours au développement de la culture au pays des Hommes intègres. Quels sont ces partenaires qui financent les initiatives culturelles privées ? Comment en bénéficier ? Pour répondre à cette épineuse question, c’est Idrissa Zorom, directeur des études de Educ Afrique, directeur de la Coopération internationale et des affaires juridiques au ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme et par ailleurs auteur de Coopération culturelle et touristique au Burkina Faso, pour un élargissement des opportunités d’accompagnement, qui a été commis à la tâche. C’est donc en terrain conquis que « l’expert transversal » ainsi qu’on l’appelle a épluché le thème.

Le monde culturel et artistique burkinabè brille par le foisonnement extraordinaire des associations et autres entreprises culturelles et donc d’initiatives culturelles privées. Pas moins de deux cents (200) initiatives par an ! « En tant que secteur d’intervention publique, l’État et ses démembrements déploient des mesures et actions en soutien aux initiatives des opérateurs culturels privés : subventions, parrainage, fond de développement culturel », souligne le conférencier. Mais, il relève, tout de suite, la limite des financements et appuis de type public national en termes de capacité à satisfaire les besoins croissants de financement des opérateurs. Pour répondre, malgré tout, à ce besoin légitime d’accompagnement des acteurs privés culturels, l’État du Burkina, à l’instar de bien d’autres nations de par le monde, recourt à la coopération.

À ce niveau, chaque partenaire (bilatéral et/ou multilatéral) dispose de son propre champ et de ses propres règles. Par conséquent chaque candidat à ses fonds, ainsi que le souligne Idrissa Zorom, doit impérativement disposer de certains réflexes.

Pour cela, le conférencier  a abordé la problématique du financement des initiatives culturelles privées dans un plan binaire qui lui a permis dans un premier temps de présenter la configuration du dispositif d’appui des partenaires et les approches techniques indiquées afin de bénéficier des fonds de ces partenaires.

De la configuration du dispositif d’appui des partenaires

Le conférencier a affirmé l’existence de deux sources de financement : les ressources bilatérales et celles multilatérales qui se distinguent principalement : « à travers les moyens qu’ils utilisent : la coopération multilatérale emprunte royalement la voie des appels à projets ouverts contrairement à la coopération bilatérale qui use des procédures restreintes et peu ouvertes ».

Les fonds des partenaires multilatéraux sont alimentés par les États ou des mécènes. Par moment, ils usent du canal des projets et programmes. Pour être éligible, de l’expérience de Idrissa Zorom, les projets doivent être portés par des associations bien organisées, sérieuses et efficaces sur le terrain. Comment doivent-elles s’y prendre ?

Des approches techniques indiquées pour les opérateurs culturels

Là encore, il convient de distinguer les approches appropriées pour chaque type de coopération. Au niveau des ressources bilatérales, les appels à projets se font généralement à travers les ambassades des différents États. Des partenaires privés financent également la culture. La fondation Ford, la fondation Aga Khan, le fonds Hubert bals sont des exemples patents de partenaires privés qui soutiennent la culture. Les ressources accordées le sont sous forme de subvention.

Comme attitudes indiquées, les porteurs d’initiatives culturelles doivent s’informer et connaître les centres d’intérêts desdits bailleurs. Il faut donc avoir, à tout moment, ce qu’on pourrait appeler une « banque de projets » disponibles et prêts à être soumis.

Il faut toujours déposer son projet en année N-1. Déposer son projet à temps ne suffit pas : « Il faut le suivre », foi du conférencier ! Un porteur de projets doit toujours disposer de cartes de visites et être ainsi toujours prêt à saisir toute opportunité de rencontre avec un partenaire.

Pour ce qui concerne les ressources multilatérales, la tâche est moins ardue. Ces fonds sont généralement octroyés par l’UNESCO, l’OIF, l’UE, la CEDEAO, l’UEMOA, etc. Ils sont pour la plupart prévisibles. Les critères d’éligibilité sont connus et mis à la disposition des bénéficiaires. Les personnes morales éligibles sont toujours mises en concurrence. Les voies utilisées sont : les appels à projets, à candidature ou à propositions, et rarement des requêtes. Pour être élu de ces partenaires, les opérateurs privés porteurs de projets doivent :

- Toujours anticiper à travers une veille informationnelle car il y a toujours des ajustements concernant les critères et les objectifs des partenaires ;

- Disposer de projets bien montés en avance (la fameuse « banque de projets ») ;

- Éviter au maximum de soumettre ses projets le dernier jour ;

- Prendre part aux réunions et autres rencontres d’informations organisées par les bailleurs.

Ce n’est pas tout. En cas d’admission, exécuter excellemment les projets soutenus et toujours songer à la visibilité du partenaire. Dernier conseil du directeur de la coopération : « Il ne faut jamais se laisser démoraliser par les démarches infructueuses car les échecs en la matière constituent des expériences pratiques à mettre à profit ».

Cette communication semblait venir à point nommé. En témoigne la mobilisation des acteurs culturels malgré un contexte marqué par la fièvre du sport roi. En effet, au jour et à l’heure de la conférence, les Étalons du Burkina défiaient les lions de l’Atlas.

Ousmane TIENDREBEOGO, Adamou KANTAGBA

Publié dans Actualité, Société

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