1re rentrée littéraire du Faso... Et si on lisait burkinabè!

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

rentree litt 3Me Pacéré, M. Dramane Konaté et le président de L'Alliance francophone à la Rue des Poètes 

 Après être passée par une phase de balbutiement, la littérature burkinabè écrite est depuis ces dernières décennies en plein essor. On parle même d’une littérature émergente même si pour certains critiques comme Jean Marie Grassin : « Il faudrait peut-être inventer pour le Burkina Faso la notion de post-émergence renvoyant à l’affirmation d’une nouvelle littérature au sein d’une communauté interlittéraire qui vient elle-même de s’imposer dans le paysage littéraire». Quoiqu’il en soit le passage de la littérature burkinabè écrite d’une « littérature en instance » ainsi qu’on la qualifiait  dans les 90 à une littérature émergente ou post-émergente de nos jours a été rendue possible grâce à une volonté des responsables politiques alliée à l’action des filles et fils du pays. C’est donc  dans le sens des filles et fils du Burkina d’œuvrer au rayonnement culturel et littéraire national par la promotion du livre et de l’écrit qu’il faut inscrire la Rentrée littéraire initiée par la Société des auteurs, des gens de l’écrit et des savoirs(SAGES). Première du genre au pays des Hommes intègres et même au-delà, la Rentrée littéraire du Faso en sa première édition vise ainsi que l’a souligné Dramane Konaté, écrivain et par ailleurs président de la SAGES, à présenter le contexte général du livre et de l’écrit au Burkina Faso et partant en Afrique.

rentree litt 5Des jeunes visiblement heureuses de participer au festival poétique initié par la SAGES

La littérature, à l’analyse,  est presque partout sur le continent le parent pauvre de la culture. Contrairement pourtant à ceux que beaucoup de profanes peuvent croire, littérature et développement ne sont guère incompatibles ; bien au contraire ! La littérature n’est pas qu’élucubration et esthétisme. Elle a aussi et surtout une dimension économique. A ce sujet, le titre de l’ouvrage de Bernard Mouralis : Littérature et développement est fort évocateur. Le livre est donc un secteur pourvoyeur de richesses et d’emplois parfois insoupçonnés. Ainsi, de l’auteur au lecteur en passant par l’éditeur, l’imprimeur, l’illustrateur, le libraire, etc. on dénombre selon les spécialistes 36 métiers dans le livre. C’est dire donc que la littérature, le livre doit occuper une place de choix dans les politques de développement et pour la SAGES, cela passe par l’adoption de la politqiue nationale du livre. La problématique de l’introduction des œuvres burkinabè dans les programmes d’enseignement qui, du reste, a constitué le thème de la dernière édition de la Foire internationale du livre de Ouagadougou doit plus que jamais être résolue. Il y va de notre identité culturelle car comme cela a été souligné lors de la Rentrée littéraire : à livre importé, culture importée. 

monseigneur anselme t. sanouMonseigneur Anselme T. Sanou, membre d'honneur de la SAGES, posant avec un des fans

L’idée de la SAGES d’initier une Rentrée littéraire est salutaire parce qu’ellle elle contribue non seulemnt à renforcer cette image de pays de culture que le Burkina se forge depuis des décennies, mais aussi à l’avènement d’une  République des lettres; il appartient donc à l’Etat de l’accompagner en fonction, il est vrai, des moyens dont il dispose.

rentree litt 7Une vue du public. Au premier rang : Dr Alain Sissao, Pr Yves Dakuo, et le poète et éditeur Jacques Guégané

Publié dans Critique littéraire

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