52 ans après les indépendances, osons le développement!

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

blaise compaoréAprès le rendez-vous manqué de 2011, Koudougou, la capitale de la région du Centre-ouest abritera cette année les festivités entrant dans le cadre de la célébration du 52e  anniversaire de l’indépendance de notre pays. « Citoyenneté, dialogue et paix, socles d’une nation solidaire et prospère »,  tel est donc le thème retenu  pour souffler les 52 bougies de l’accession du Burkina Faso à la souveraineté nationale. Dans la thématique retenue, il y a comme une sorte de velléité de la part des autorités de sensibliser la jeunesse burkinabè mais aussi et surtout celle de Koudougou sur les mots-clés du thème ainsi retenu à savoir : citoyennété, dialogue pour ne retenir que ceux-là. Et pour cause, Koudougou, la  cité du « cavalier rouge » est considérée à tort ou à raison comme étant une « cité rebelle ».  La leçon peut passer, mais pour cela, il faut que ces notions de citoyennété, de solidarité, de prospérité, etc. soient bien plus que des mots pour le commun des Burkinabè ; et de ce point de vue l’exemple doit venir d’en haut. Car plus d’un demi siècle après les « soleils des indépendances », des immeubles ont surgi de terre ici et là tels des champignons sauvages pendant que l’écrasante majorité de la population ne sait plus à quel gouvernant se vouer. Est-ce cela cette « nation solidaire et prospère » ? Des échangeurs ont été érigés à Ouaga, mais comme l'on dit dit à Abidjan : on ne mange pas goudron. Et comme à Fada et Ouahigouya, plusieurs activités seront menées à Koudougou dont entre autres : l’inauguration de la statue et de la rue Maurice Yaméogo, la parade civile et militaire avec  4 500 défilants qui vont parader devant le chef de l’Etat, Blaise COMPAORE, etc. Tout cela à financer par un budget déjà déficitaire. Mais après tout, nous dira-t-on, 52 ans d’indépendance, ça se fête ! Or, au même moment l’université de la ville où se déroule la fête de l’indépendance, c’est-à-dire Koudougou, traverse une grave crise liée en partie aux mauvaises conditions de vie et de travail des enseignants et des étudiants, en d’autres termes  au manque de financement. « Chaque génération, disait Ki-Zerbo, a des pyramides à construire ». En cela, les pères de nos indépendances qui nous ont, de hautes luttes, arraché de la tutelle coloniale ; la génération des Thomas Sankara qui a su valoriser l’identité burkinabè ont joué leur partition. Il appartient à la génération actuelle des hommes politiques d’assumer la leur en amorçant le dévellopement véritable du pays des Hommes dits intègres. Cela, en allant au-delà des festivités et autres « djandjobas » de toutes sortes. Car ainsi que le disait Henry Lopèz : « L’Afrique à force de  rire et de chanter s’était laissée surprendre par des peuples plus austères qu’elle en avait été déportée et asservie ».  A lire aussi dans Le Soir, votre Quotidien d'informations générales

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