Roman magique burkinabè?

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

« CŒUR DE FEMME »

 

  Coeur de femme

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au cœur de la plume de Adamou L. KANTAGBA   

« Ainsi nourrissait-il secrètement l’espoir que son cœur ne voyant plus son bourreau, l’oublierait. C’était toutefois mal connaître l’entêtement de ce petit muscle creux de 300 grammes. L’absence raviva la flamme. Solange apparaissait dans ses rêves et dans ses souvenirs (…). Son cœur ne cessait de la réclamer. Il en perdit le sommeil. » Boga en perdra aussi la vie. Parce que Solange, la sirène de Makysso, aura juré sous un tamarinier qu’elle ne l’épousera jamais parce qu’il était si vilain qu’un couple d’amoureux a détalé à sa vue croyant rencontrer un génie, et parce qu’il n’avait de richesse que sa monumentale intelligence. Toutefois, Solange finira par tomber amoureuse. Mais, il était trop tard. Boga obtiendra une bourse d’une prestigieuse université en France où il s’y mariera avec la grande amie de Solange. Solange, l’ange de Boga, consultera un charlatan infernal qui réunira les deux amoureux dans la même tombe. Triste destin. Mais n’était-ce pas déjà écrit dans la calebasse du devin Baga ? Boga « ira loin, cependant un danger le guette : l’amour. » C’était donc écrit et Adamou Kantagba n’a fait que le refléter dans le miroir du roman paru aux éditions Jethro sous le titre de « Cœur de femme ». Une belle œuvre où l’humour, le rêve, l’amour et la réalité se marient pour accoucher d’une ville Makysso, qui ressemble, à s’y méprendre, à un Burkina où « Des hommes en trois pièces, Des femmes en cache-sexe (…) Allaient et venaient » ; à une Afrique où le politique est laide, dont les étudiants peinent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur, que les cerveaux désertent et où la femme ne doit plus recevoir mais mériter ; et à une planète qui est en proie aux changements climatiques. Pour l’écrivain Pierre Claver Ilboudo, auteur de la préface du livre, « il s’agit d’un roman de recherche » dans lequel l’auteur « prend par la main » le lecteur afin « qu’il devienne apte à co-créer l’œuvre ». Adamou Kantagba est titulaire d’une maîtrise en lettres modernes option critique littéraire. Il est nouvelliste, a été lauréat de plusieurs concours littéraires, est professeur et actuellement le président du Cercle littéraire et artistique Lire et Ecrire. Abdou ZOURE. A lire aussi dans le journal, Le Pays

Publié dans Critique littéraire

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