Contestations des résultats des élections au Ghana. La RCI doit servir d'exemple

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Se dirige –t-on vers une crise post-électorale au Ghana ? Il est trop tôt  pour le dire, même si  au lendemain de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle qui a consacré, jusqu’à preuve du contraire,  la défaite de  Edward  Akufo-Addo, candidat du principal parti d’opposition,  le Nouveau parti patriotique (NPP), on a noté dans la capitale Accra des manifestations violentes de ses partisans devant le siège de la commission électorale.  Manifestations consécutives à la  contestation des résultats  par l’Etat-major du NPP bien avant leur proclamation. Pourtant, pour les observateurs  notamment ceux du Commonwealth, de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest  (CEDAO) et du groupe local CODEO (Coalition of Domestic Election Observers), ont affirmé que le scrutin a été dans l’ensemble  paisible et transparent avec un taux de participation qui gravite autour des 80%. Le président sortant, John Dramani Mahama, leader du Congrès démocratique national(NDC) aurait emporté l’élection présidentielle  avec 50,70% des suffrages, contre 47,74% des voix pour son principal challenger, Edward Akufo-Addo, ancien ministre de la Justice, ancien ministre des Affaires étrangères. Résultat que récuse ce dernier sans néanmoins fournir jusque là la moidre preuve ainsi que le demande la Commission électorale. Il est vrai qu’en 2008, il avait perdu l’élection présidentielle de moins de 1 %. Il est vrai que cette année, il la perd de moins de 3%. Il est vrai aussi  qu’à 68 ans,  2017, date de la prochaine  élection présidentielle, (le mandat de 4 ans  du président élu commence en janvier), semble bien loin ; mais un homme politique de la trempe  de Edward Akufo-Addo doit savoir faire des compromis pour l’intérêt supérieur de son pays. Ce pays tant cité pour la vitalité de sa démocratie et la maturité  de sa classe politique et qui fait la fierté de tous les démocrates de part le monde comme peut en témoigner la visite du président américain Barack Obama. En effet, depuis la fin du parti unique et l’avènement du multipartisme en 1992, le pays de Kwamé N’Nkrumah a organisé six élections présidentielles et législatives qui se sont toutes bien déroulées. Il serait bien dommage, aujourd’hui, de remettre en cause cet acquis démocratique de deux décennies. L’exemple de Cellou Dallein Diallo, qui, lors de la présidentielle en Guinée dit à voir accepter la victoire du Pr Alpha Condé pour éviter un bain de sang à son pays,  doit, par ailleurs, inspirer plus d’un opposant politique sous nos tropiques. Du reste,  sans remonter au Kenya et au Zimbabwé, l’histoire récente de la Côte d’Ivoire  qui se remet difficilement de sa grave crise post-électorale doit pouvoir servir de leçon aux fils et aux filles de la Côte de l’Or à moins que ses leaders ne soient frappés d’amnésie. Le Ghana est un modèle de démocratie, il doit le rester.  A lire aussi dans Le Soir

 

 

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