CRISE SYRIENNE. Obama sur les pas de Bush

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Après plusieurs tentatives de passage en force mises à mal par les vétos russe et chinois, l’Oncle Sam et ses inconditionnels alliés britanique et iraélien  semblent avoir trouvé la parade infaillible pour  intervenir en Syrie et en découdre avec celui que les médias occidentaux ont vite fait de qualifier, dès les premières heures de la crise syrienne, de « boucher de Damas » comme si ses opposants étaient blancs comme neige et qu’on pouvait leur confier le Bon Dieu sans confession.  Cette parade est le remake d’un vieux scénario utilisé dans la guerre en Irak. On se rappelle qu’il a quelque dix ans de cela, Bush Junior avait brandi la détention d’armes de destruction massive (ADM) par Saddam Hussein pour mener sa guerre en Irak. Des années plus tard, le monde entier découvre avec stupéfaction la supercherie. D’armes de destruction massive, Saddam n’en a jamais  possédé. Il n’empêche que la guerre en Irak a bien eu lieu. Des milliers d’Irakiens innocents sont morts et Saddam pendu haut et court tandis que Bush continue certainement à se la couler douce dans un de ses ranchs au Texas. Et la prétendue justice internationale ne  s’en émeut point outre mesure préférant s’attaquer aux menus fretins principalement en Afrique.  Si ce n’est pas du deux poids, deux mesures ; ça y ressemble fort. Dix ans donc après la guerre en Irak, les Etats-unis semblent encore vouloir engager une autre guerre sur fond de mensonge éhonté car l’accusation d’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien contre sa population sonne plus comme un alibi pour intervenir dans ce pays qu’autre chose. Et comme l’on pouvait s’y attendre après la grosse arnaque des ADM en 2003,  la nouvelle trouvaille des Américains à savoir l’utilisation par Damas  de " missiles à gaz toxique" contre son propre peuple paraît ne pas convaincre grand monde, chacun jouant à saint Thomas : voir avant de croire, la Russie, principale alliée de la Syrie en tête. C’est en substance ce que l’on peut retenir des propos de  Mikhail Bogdanov, vice-ministre des Affaires étrangères russes : « S’il y a des preuves sérieuses, il faut les montrer immédiatement et ne pas les dissimuler.  Il faut s’assurer de ces données immédiatement, et conformément aux critères internationaux, et non pas les utiliser pour atteindre d’autres objectifs ». C’est dire donc que si Barack Obama tient à avoir sa guerre, il ferait mieux de  trouver quelque de chose de plus solide car ce disque-ci, non seulement, il est rayé, on ne connaît que trop la chanson, mais surtout, il ne semble point tenir la route. En effet quel intérêt Bachar Al  Assad a-t-il à prêter le flanc en utilisant des armes chimiques quand lui-même sait que c’est cette ligne rouge que la prétendue Communauté internationale attend qu’il franchisse pour lui tomber dessus à bras raccourci ? A l’orée de son dernier mandat, ce ne sont pas les défis qui manquent : la lutte contre le terrorisme avec les récents attentats de Boston, l’épineuse question du camp de Guantanamo avec les multiples grèves de la faim à répétion qui s’y mènent ces derniers  temps sont autant de toiles de Pénélope sur lesquelles Obama devrait se concentrer.  A lire aussi dans le quotidien Le Soir.

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