Culture au Burkina Faso. Les décideurs prennent conscience

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

« Même si on n’aime pas le lièvre, il faut reconnaître qu’il court vite ». Dans la logique de cette sagesse africaine, plusieurs fois séculaire, il faut rendre à Césaire ce qui est à Césaire. De ce point de vue donc, bon nombre d’acteurs du monde culturel burkinabè admettra une certaine  prise de conscience de nos chers dirigeants à promouvoir la compétence et l’expertise mais aussi l’intégrité des dignes fils du pays. Cette prise de conscience se traduit ces dernières années par le choix des hommes et des femmes de lettres et/ou de culture pour parrainner les grands rendez-vous culturels et/ou littéraires si nombreux au « Fasoland ». C’est pas mieux ainsi ? C’est ainsi qu’au niveau de la Foire internationale du livre de Ouagadougou(FILO)pressentie pour devenir Salon international du livre de Ouagadougou(effet de mode ou besoin réel de restructuration ?), après des têtes d’affiche comme Tierno Monemembo, l’auteur de Crapaud-brousse, prix Renaudot 2008, Henri Lopès,  l’auteur de Tribaliques , etc. l’enfant de Manga, le non moins talentueux Pierre Claver Ilboudo(romancier et nouvelliste) sera le 1er Burkinabè à être désigné comme parrain de la grand-messe des hommes de lettres au Burkina Faso. Nous sommes en 2010 et nous sommes à la Xe édition de la Foire avec une thématique fort bien inspirée à savoir la problématique de l’introduction des œuvres burkinabè au programme. Un thème très cher au parrain, lequel soutient, et avec juste raison, qu’à livre importé, culture importée.  Cette donne se poursuit cette année (et nous renforce dans notre conviction qu’il y a forcément prise de conscience quelque part),  avec le choix porté sur Bernadette Dao née Sanou grande poétesse devant les muses de la poésie comme invitée d’honneur de la XIe édition de la Foire du livre. Au niveau de la biennale du cinéma, le Fespaco (Festival panafricain du cinéma de Ouagadougou) c’est également la même prise de conscience. Si pendant plusieurs décennies les « guest stars »  venaient d’autres cieux : Manu Dibangou, Elikia M’Bokolo, et j’en passe,  pour la 23e édition du Fespaco, les décideurs burkinabè ont décidé de rompre d’avec cette tradition et de mettre sous les feux des projecteurs une authentique « tenga ». Alimata Salembéré devient donc non seulement le 1er Burkinabè à savourer ce privilège jusque-là reservé aux autres mais aussi la 1re femme "intègre". Il faut donc espérer que cette prise de conscience des acteurs politiques  se poursuivent et s’étendent aux différents grands fora que le pays des Hommes intègres : Semaine nationale de la culture (SNC), Salon international de l’artisanat de Ouagadougou(SIAO), etc. Ce n’est pas que nous condanmons le choix de ces monstres sacrés à l’instar de Tierno Monenembo, Henri Lopès, Elikia M’Bokolo, et autres dignes fils de l’Afrique aux talents incontestés et incontestables et qui du reste font la fierté de tous les Africains dont les Burkinabè au-delà du continent, comme parrains mais nous voulions qu’on n’oublie pas les nôtres. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Il faut songer en effet à faire la promotion des hommes et femmes de lettres et de culture car nous en avons de bien talentueux qui ne demandent qu’à être valorisés et servir de repères, d’exemples et de modèles  à une jeunesse qui ne sait plus à quelle icône se vouer et par conséquent très loin de cette conscience citoyenne que l'on était en droit d'attendre d'elle. L’immense Pr Joseph Ki-Zerbo, le doyen des artistes, le Pr Jean Pierre Guigané, ainsi qu’on l’appelle affectueusement dans le milieu des artistes, etc. sont allés rejoindre les ancêtres sans avoir connu ce privilège. Dieu seul sait pourtant s’ils ont contribué au rayonnement international du Burkina dans les domaines qui étaient les leurs. En outre, pour un pays aux revenus modestes et où tout est donc finalement prioritaire l’avantage du choix des nationaux comme parrains, invités d’honneur de telles ou telles manisfestations présentent pas mal d’intérêts sur le plan économique : économie en termes de billets d’avions, économie en termes de prise en charge : hébergement à l’hotêl, restauration, etc.


 

Publié dans Critique littéraire

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medicalbilling processor 04/08/2014 14:16

Burkina Faso is an African country which boasts giving high importance to the cultural diversity there. The country has brilliant human resource as well as natural resources which could improve the country’s place in global economic map. But, the country remains in stagnant stage owing to the government’s misrule.

danielrayaisse 30/03/2013 12:53

slt frère.votre article repose sur une analyse objective que vs faites de ce que vs avez constaté de positif ds la maniere d'agir des autorités.Ns esperons que cette prise de conscience se
maintiendra ds la durée.fraternellement daniel

Adamou L. KANTAGBA 07/04/2013 23:03



Merci. ns l'esperons vivement. il y va notre culture. prends soin de toi