Dernière chance de Bozizé?

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Réunis dans la capitale gabonaise, sous l’égide des présidents gabonais Ali Bongo, congolais Denis Sassou Nguesso, équato-guinéen Téodoro Obiang N'Guema et tchadien Idriss Deby, par ailleurs,  président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique Centrale (CEEAC), initiatrice des pourparlers, la Coalition rebelle du Séléka et le gouvernement centrafricain ont, après moults tratactions riches en rebondissements, fini par  trouver quelques points d’accords qui constituent ce qu’il convient désormais d’appeler les accords de Libreville. Si en dépit de la débacle évidente de son armée, les Forces armées centrafricaines(FACA), depuis la reprise des hostilités par les rebelles le 10 décembre dernier, le Général François Bozizé réussi à conserver son « naam » qu’il a acquis et exerçait jusque là sans partage à la faveur d'une certaine insurrection en 2003, il va devoir cette fois le partager jusqu’en 2016, date fatidique à laquelle, il devrait « dégager » pour de bon. Car si les accords de Libreville imposent la formation d'un gouvernement d'union nationale que dirigera un nouveau Premier ministre issu de l’opposition démocratique, ils imposent aussi que  la Constitution centrafricaine ne soit pas « charcutée » pour permettre au Général de renouveler  son bail. En outre la Coalition du Séléka obtient que des élections législatives « anticipées » soient organisées et que les différents soutiens militaires du président se retirent exception faites des Forces africaines d'interposition (FOMAC). Quant aux rebelles auxquels ces accords semblent faire la part belle, ainsi que le reconnaît Eric Massi quand il affirme : « C’est un bon accord »,  ils doivent renoncer à deux de leurs révendications majeures à savoir le départ du président Bozizé ainsi que sa traduction devant la Cour pénale internationale de La Haye pour actes de crimes de guerre et crimes contre l'humanité qu’il aurait perpétrés contre des civils dans le nord et le nord-est du pays en 2002. Les rebelles  du Séléka s’engagent à respecter le cessez-le-feu issu des accords.  Gageons aussi que le gouvernement de Bangui saura aussi tenir ses engagements et que la rencontre de Libreville permettra de mettre fin à plusieurs mois de guerre et marquera le retour de la paix dans cette région de l’Afrique en proie à des crises sans cesse récurrentes. Le limogeage du premier ministre semble augurer d’une volonté du président  Bozizé à appliquer lesdits  accords  qu’il a paraphés ; il serait alors dommage qu’il n’y aille pas jusqu’au bout  une fois la tempête passée. Cela au risque de replonger son pays dans une spirale de rebellion sans fin lorsqu’on sait que c’est le non-respect des multiples accords de paix conclus entre le gouvernement et les rébelles,  à l’instar de l'accord de paix global de Libreville de 2008, qui a contraint, en partie, le Séléka à reprendre les armes il ya un mois. Adamou L. KANTAGBA

Réunis dans la capitale gabonaise, sous l’égide des présidents gabonais Ali Bongo, congolais Denis Sassou Nguesso, équato-guinéen Téodoro Obiang N'Guema et tchadien Idriss Deby, par ailleurs,  président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique Centrale (CEEAC), initiatrice des pourparlers, la Coalition rebelle du Séléka et le gouvernement centrafricain ont, après moults tratactions riches en rebondissements, fini par  trouver quelques points d’accords qui constituent ce qu’il convient désormais d’appeler les accords de Libreville. Si en dépit de la débacle évidente de son armée, les Forces armées centrafricaines(FACA), depuis la reprise des hostilités par les rebelles le 10 décembre dernier, le Général François Bozizé réussi à conserver son « naam » qu’il a acquis et exerçait jusque là sans partage à la faveur d'une certaine insurrection en 2003, il va devoir cette fois le partager jusqu’en 2016, date fatidique à laquelle, il devrait « dégager » pour de bon. Car si les accords de Libreville imposent la formation d'un gouvernement d'union nationale que dirigera un nouveau Premier ministre issu de l’opposition démocratique, ils imposent aussi que  la Constitution centrafricaine ne soit pas « charcutée » pour permettre au Général de renouveler  son bail. En outre la Coalition du Séléka obtient que des élections législatives « anticipées » soient organisées et que les différents soutiens militaires du président se retirent exception faites des Forces africaines d'interposition (FOMAC). Quant aux rebelles auxquels ces accords semblent faire la part belle, ainsi que le reconnaît Eric Massi quand il affirme : « C’est un bon accord »,  ils doivent renoncer à deux de leurs révendications majeures à savoir le départ du président Bozizé ainsi que sa traduction devant la Cour pénale internationale de La Haye pour actes de crimes de guerre et crimes contre l'humanité qu’il aurait perpétrés contre des civils dans le nord et le nord-est du pays en 2002. Les rebelles  du Séléka s’engagent à respecter le cessez-le-feu issu des accords.  Gageons aussi que le gouvernement de Bangui saura aussi tenir ses engagements et que la rencontre de Libreville permettra de mettre fin à plusieurs mois de guerre et marquera le retour de la paix dans cette région de l’Afrique en proie à des crises sans cesse récurrentes. Le limogeage du premier ministre semble augurer d’une volonté du président  Bozizé à appliquer lesdits  accords  qu’il a paraphés ; il serait alors dommage qu’il n’y aille pas jusqu’au bout  une fois la tempête passée. Cela au risque de replonger son pays dans une spirale de rebellion sans fin lorsqu’on sait que c’est le non-respect des multiples accords de paix conclus entre le gouvernement et les rébelles,  à l’instar de l'accord de paix global de Libreville de 2008, qui a contraint, en partie, le Séléka à reprendre les armes il ya un mois. A lire aussi dans le Quotidien Le Soir.

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