Dix-huit mois pour convaincre

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

"ELECTION" DE MICHEL DJOTODIA

 

Michel DjotodiaC’est fait ! ce samedi 13 avril, le tombeur du Général François Bozizé, Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle du Séléka a obtenu la « légitimité » qui semblait lui manquer depuis sa prise du pouvoir par les armes le 24 mars dernier. La dernière-née des institutions centrafricaines, le Conseil national de transition (CNT), émanation des recommandations du sommet des chefs d'Etat d'Afrique centrale réunis à N'Djamena le 3 avril, l’a, en effet,  élu sous applaudissements et par acclamation, lors de sa première session. Excusez du peu ! « Je croyais qu'un savant était toujours un homme qui cherche une vérité, alors que c'est souvent un homme qui vise une place ». Cette boutade de Jean Rostand irait bien comme un gant aux hommes politiques  en perte de crédibilité et qui, sous prétexte de défendre la veuve et l’orphelin, alors qu’il n’en est rien, prennent le maquis pour satisfaire un agenda caché : se faire une place au soleil en accédant au pouvoir d’Etat.  Jusqu’à preuve du contraire, cela semble être le cas du tombeur du Général, cet ancien diplomate qui, ayant échoué par deux fois à faire son entrée à l’Hémicycle, accède ainsi à la Magistrature suprême de son pays grâce au Séléka ("alliance", en langue nationale sango) qu’il a fondé en 2012. Le véritable homme d'Etat, dit-on, est celui qui s'institue arbitre impartial entre ses ambitions et l'intérêt général ; il faut  donc espérer que le nouveau président centrafricain auréolé de sa nouvelle « légitimité » ne tombera pas dans les travers qui ont fait le lit de l’ancien régime de Bozizé que ni ses pairs ni les  Centrafricains ne semblent  pleurer. Il s’agit entre autres de la gestion clanique et/ou familiale du pouvoir,  du non-respect  des engagements pris : accords de paix globale de Libreville (2008), accords de Libreville(2013), etc.  Michel Djotodia, bras levé

Au-delà, Michel Djotodia devra aussi mettre à profit ses dix-mois de présidence pour mener à bon port, tel un capitaine responsable, l’ex-Oubangui-Chari dont l'histoire est hélas loin d’être un long fleuve tranquille. Mettre fin aux pillages, assurer la sécurité sur toute l'étendue du territoire national, relancer l’économie nationale en dépit d’aides extérieures gélées, doter le pays d’une nouvelle loi fondamentale, organiser élections libres et démocratiques, réintégrer le pays dans le concert  des nations après sa suspension de l'Union africaine(UA), etc.

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Les défis sont énormes et le temps est compté nouvelles autorités : dix-huit mois chrono. Le pari sera-t-il tenu ? Il est trop tôt pour le dire. Mais une chose est sûre : l’heure n’est donc plus au discours  et  Michel Djotodia en semble conscient, lui  qui en appelle au bon sens et au patriotisme de tous les Centrafricains de quelque bord qu’ils soient afin qu’ensemble, ils puissent relever les défis importants qui s'imposent à eux.

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