Egypte. Se dirige-t-on vers une révolution bis ?

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

  eu attaqués Le bras de fer entre le pot de terre et le pot de fer a enfin connu son époligue avec le limogeage du procureur général, Abdel Maguid Mahmoud, que le président égyptien, Mohamed Morsi avait tenté en vain de « dégager » dans le courant du mois d’octobre en lui proposant intelligemment un poste d’ambassadeur auprès du Vatican. Non content d’avoir réussi ce tour de force pour le moins improbable parce que visiblement la loi au bord du Nil n’autorise pas qu’un membre du corps judiciaire soit démis par le pouvoir exécutif, qui qu’il soit, séparation des pouvoirs oblige, le président Morsi s’arroge par décret « présidentiel » des pouvoirs on ne peut plus élargis. Pour ses plus fervents défenseurs, notamment les Frères musulmans dont il est issu, l’élargissement des prérogatives présidentielles vise essentiellement l’accélération des réformes. Et ces derniers de rappeler que ces dispositions ne dureront pas ad vitam aeternam mais le temps qu’une nouvelle loi fondamentale soit adoptée. Mais bien malin celui qui saura dire dans le contexte égyptien actuel à quand l’adoption d’une nouvelle Constitution. Pour l’opposition politique, toute tendance confondue le fameux décret controversé permettra de mettre les décisions de Mohamed Morsi à l'abri de recours devant un pouvoir judiciaire. Pouvoir avec lequel, on l’a vu, il entretient des relations des plus tumultueuses. Il n’en fallait plus pour que la fameuse Place Tahrir soit à nouveau occupée. Il s’agit pour l’opposition de sauver vaille que vaille, advienne que pourra, les acquis de la révolution. « Nous sommes dans un moment historique dans lequel soit nous terminons notre révolution, soit nous l'abandonnons pour devenir la proie d'un groupe qui a placé de petits intérêts politiques au-delà de l'intérêt national », arguent certains tenors de l’opposition. C’est dire donc combien entre les « Morsi on t’aime » et les « Morsi dictateur » le torchon brûle, et le pays n’a jamais autant été divisé après la révolution de 2011. Et avec la grève des juges qui marque ce samedi, l’entrée des magistrats dans la danse pour protester contre ce qu’ils ont appelé une « attaque sans précédent » du président égyptien contre l’indépendance de leur corps, le pire est à craindre si on n’y prend pas garde. Cela tant sur le plan social qu’économique. Prémices ? Déjà, ce dimanche, on apprend que la Bourse du Caire a vivement réagi, au bras de fer politique que se livrent les partisans et les opposants du renforcement des pouvoirs du président égyptien Mohamed Morsi avec une chute de près de 10 %. Qu’importe ce que cache ou ne cache pas ce décret, le pays est sorti gravement affecté de sa première révolution, les uns et les autres doivent donc savoir raison garder. Le pays n’a pas point besoin d’une révolution bis. A lire aussi dans Le Soir

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