Elections couplées au Burkina : enjeux & défis

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 Après de longs mois de guerres de positionnement au  sein des différents états majors des partis et formations politques, guerres de positionnement marquées, faut-il le rappeler, ici et là par  des contestations relayées par la presse, la Commission nationale électorale indépendante(Ceni) a procédé à la validation ou à l’invalidation des différentes à listes à elle soumise par les différents partis engagés àux élections municipales et législatives ainsi que la loi l’y autorise du reste. Le bon grain ayant donc été séparé de l’ivraie, c’est alors en toute logique que  la structure que dirige Me Barthélémy Kéré a procédé à l’ouverture officielle de la campagne samedi. Les dés sont donc jétés. Nos hommes politiques ont presque deux semaines (du 17 au 30 novembre 2012) pour conquérir et/ou réconquérir  la confiance et la voix des 55% de Burkinabè  inscrits régulièrement sur la liste électorale sur un potentienl électoral estimé à 8 millions. L’enjeu est énorme et le jeu en vaut en chandelle, l’Etat a consenti d’énormes sacrifices. Il revient donc à tous les partis en lice pour ces élections de faire en sorte pour que ces sacrifices  ne soient pas vains. En effet, il s’agit d’une part des premières élections couplées : municipales/législatives jamais organisée dans l’histoire de notre pays ; d’autre part, la biométrie, tant souhaitée par l’ensemble de la classe politique,  sera expérimentée, cela aussi pour la première fois dans l’histoire politique de notre pays. La biométrie, on la dit et redit, n’est point une panacée mais elle témoigne d’une certaine volonté de transparence dans le jeu démocratique et participe d’une élection libre et transparente. Ces deux semaines de campagnes imparties aux partis politiques doivent permettre aux hommes et femmes qui les animent,  qu’ils soient l’opposition ou de la majorité à travers les espaces de débats qui leur sont offerts, de  faire découvrir et rédecouvrir leur projet de société à leurs concitoyens afin de s’attirer leur voix, cela dans la tolérance et le respect de l’autre qui n’est sans doute pas un enemi mais un adversaire politique. Car c’est cela aussi la démocratie : le débat contradictoire, la confrontation des idées, des idéologies, l’acceptation de la différence, etc. C’est à prix peut-être que les électeurs  seront rassurés de la maturité politique  de ceux-là même qui sollicitent leur voix et s’intéresseront à nouveau à la chose politique.  La campagne, ce n’est donc pas le lieu des attaques, des règlements de compte, etc. En cela l’exemple sierra léonnais par sa coincidance constitue une bonne école. En effet, la campagne pour les municipales et les législatives au Burkina Faso intervient au  moment que les élections générales Sierra Léonne. Une élection dont les observateurs ont salué la bonne tenue ainsi que la mobilisation des électeurs.  Comme en Sierra Léonne, pays qui sort pourtant d’une décennie de guerre civile, il faut espérer qu’aux pays des Hommes intègres marqué par une certaine stabilité politique,  la campagne électorale se  déroulera sans tension, dans un climat de  sérénité avec une forte mobilisation des électeurs car il y va de leur destinée et qu’au soir du 2 décembre,  à faveur la biométrie acquise à quel prix,  que les candidats acceptent le verdict des urnes. Que le vainqueur  reconnaisse les mérites du vaincu, et que celui-ci, dans un sursaut salvateur, admette la victoire du vainqueur.  La démocratie et la classe politique, peu importent les gagnants, en sortiraient grandis. A lire aussi dans Le Soir

 

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