Elections du 02 décembre. Evitons les constestations stériles et puériles!

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Deux semaines. Tel était le délai imparti aux différents partis politiques  en lice pour les premières élections couplées (municipales et législatives) de  l’histoire de notre pays pour battre campagne. Du 17 novembre  au 30 novembre 2012, les hommes politques ont donc dû, à leur corps défendant, parcourir le Burkina d’Est en Ouest, du Nord au Sud ; allant de villes en villes, et de campagnes en campagnes solliciter le suffrage de leurs concitoyens. En dépit des appréhensions des uns et des autres, la campagne électorale s’est déroulée sans heurts majeurs même si on peut déplorer ici et là quelques affrontements entre adversaires politiques, quelques tentatives de fraudes en amont qui ont amené  la Commission électorale nationale indépendante(CENI) à réajuster son fusil d’épaule. A malin, malin et demi ! Il faut également saluer le « patriotisme » de tous ces leaders politiques qui ont appelé leurs militants à faire preuve de tolérance et respect de l’autre, appel qui conjugué  à l’effort de la Société civile a permis une campagne dans l’ensemble apaisée. Il faut alors espérer qu’au soir du 2 décembre, l’on pourra noter le même fair play sur le terrain. Car à l’instar de la campagne,  le scrutin semble aussi s’être globalement bien déroulé. L’Etat, à travers le ministère de l’Administration territoriale, de la décentralisation et de la Sécurité(MATDS)  a consenti  des efforts dont la prise en charge des délégués des partis politiques dans les bureaux de vote ; la CENI  à quant, elle  renforcer la capacité des ses membres et démembrements pour leur donner la possibilité  de suivre, de superviser et de coordonner le processus électoral.  En outre, des milliers d’observateurs tant nationaux qu’internationaux ont été déployés sur le terrain pour observer la transparence des élections. Même s’il est admis selon le philosophe que partout où il y a homme, il y a « hommerie », il faut néanmoins admettre qu’avec la biométrie et  tout ce dispositif  mis en place pour ces élections couplées, on devrait, toutes proportions gardées, pouvoir arriver à des résultats acceptés de tous. Il faudra donc autant que faire se peut éviter les contestations stériles voire puériles de certains responsables politiques dont la représentativité du parti n’est même pas très souvent  établie. Contestations  qui peuvent si on n’y pas prend garde compromettre gravement la paix et la stabilité sociale si chère aux Burkinabè.  Sans oublier que les stigmates de la crise civilo-militaire de 2011 restent en filigrane.  Or les élections doivent servir à construire la démocratie et non pas la desservir voire à la détruire ainsi qu’on a pu le constater aux lendemains de certains scrutins. On se rappelle aisément la crise postélectorale en République de Côte d’Ivoire et plus récemment la crise qui sévit au sein du plus grand parti de  la droite française, l’Union pour la majorité présidentille (UMP).  Il est vrai que les enjeux de ces élections couplées sont énormes. Elles sont déterminantes pour envisager 2015.  Le jeu en vaut  donc la chandelle. Néanmoins, il faudra savoir se conformer au verdict des urnes et  faire contre mauvaise fortune bon cœur ! Le bonheur, dit-on, vient à qui sait  attendre. A lire aussi dans Le Soir

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