Formation & emploi. L'impérieuse nécessité de revoir les curricula

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Formateur lors de l'ateleir

Le sytème éducatif de bon nombre de pays africains,  surtout ceux francophones, basé  le plus souvent sur l’enseignement général a montré ses limites. Hérité de  la colonisation,  ce systéme éducatif n’est point adapté aux besoins  du marché de l’emploi. Pourtant, avec  la croissance démographique, il est de plus en plus évident que l’Etat ne pourra plus  tout pour tous. Jusque-là,  plus grande pourvoyeuse d’emplois, voire pratiquement la seule, la Fonction publique montre des signes d’essoufflement. Pourtant, chaque année, ce sont des centaines, voire milliers de diplômés : bacheliers, licenciés, maîtrisards qui sont « fabriqués » par les  universités publiques et privés et qui viennent grossir la liste des demandeurs d’empoi ; une liste déjà  malheureusement trop longue.

 

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Au Burkina Faso, pour cette année 2012, par exemple, ils étaient 143573 candidats à prendre d’assaut les concours de la Fonction publique pour quelque 5409 postes à pouvoir. En Tunisie, en Egypte, plus que les questions de démocratie, c’est la question endémique du chomage des jeunes qui a servi de terreau fertile à la crise qui a débouché sur le printemps arabe. C’est donc si peu dire qu’il urge  de trouver des solutions idoines au problème du désoeuvrement  des diplômés. Il y va de la stabilité de nos jeunes démocraties. Une des solutions passe par la réadaptation des formations pour leur faire épouser les besoins actuels du monde de l’emploi. Il est temps, en effet, de revoir dans nos universités les différents curricula pour tendre vers des filières et des formations plus professionnelles et/ou plus professionnalisantes où on alliera savoir et savoir-faire. De ce point de vue,  les assises de la  conférence des ministres  de l’Education des pays ayant le français en partage(CONFEMEN) et  de l’Organisation internationale de la Francophonie qui se tiennent présentement à Ouagadougou et dont le thème est : « Quelles compétences professionnelles et techniques  pour une meilleure insertion socio-économique des jeunes ? » sont porteuses d’espoir. Il faut donc espérer que les conclusions issues de ces différents travaux d’experts ne finissent pas dans les tiroirs, mais qu’elles soient plutôt  suivies d’effets.  Car ainsi que le reconnaissait Jacques Bourïma Ki, Secrétaire  général du CONFEMEN,  l’adéquation formation-emploi est le socle d’un developpement économique pérenne pour un pays.  Il faudra aussi trouver des voies et moyens pour que, ainsi bien formés, les hommes et les femmes puissent rompre d’avec cette culture du fonctionariat fort répandue dans notre pays et qui fait que l’écrasante majorité des Burkinabè ne jure que par la Fonction publique et ne voit point de salut en dehors d’elle. L’exemple le plus patent, en la matière, c’est le cas des jeunes diplômés qui bénéficient  du soutien technico-financier du Fonds d’appui aux initiatives des jeunes (FAIJ) pour s’auto-employer  à travers la création de leur propre structure,  mais  qui reviennent au bout de quelque temps passer encore les concours. Fonctionnariat quand tu nous tiens ! Par ailleurs, dans des pays comme le nôtre où le secteur privé est encore à un stade embryonnaire,  les pouvoirs publics, par des mesures énergiques, doivent davantage accompagner et encourager les entreprises vertueuses qui s’illustrent dans la création d’emplois jeunes par des exonérations fiscales, des reconnaissances, etc. Et les différentes rencontres entre gouvernement/ secteur privé doivent servir de cadre pour plancher sur ces genres de question  et permettre un tant soit peu de le resorber le chômage. C’est là leur utilité.

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recherche d'emploi au maroc 31/12/2012 12:54


Un bon choix de cet article et les expressions sont bien soigné, un article amusant et hyper intéressant !! j'aime bien ce style d'écriture et je vous encourage pour le reste..

Adamou L. KANTAGBA 01/01/2013 11:16



merci cher ami pour vos encouragements. courage aussi ds ce que vous êtes; je vous souhaite le meilleur.