François Compaoré à la députation

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

La voie de dauphin constitutionnel se précise t-elle?

 blaise compaoré

SEM. Blaise Compaoré, président du Faso

 

La perspective des élections couplées de décembre  2012 qui pointe à l’horizon est, sans nul doute, responsable de l’agitation que connait, ces derniers temps, la vie politique nationale. Dans leurs quartiers généraux, les cadres et autres stragèges des différents partis politiques, qu’ils soient  de l’Opposition ou de la Majorité, affûtent autant que faire se peut leurs armes. 

 

Tandis que l’actualité de ces dernières semaines était consacrée  aux universités d’été des cadres ou des jeunes de tel ou parti politique, aux congrès extraordinaires et autres dons de ceci ou de cela pour gagner en visibilité, une sorte de pré-campagne avant l’heure ; l’actualité, de ces derniers temps, semble plus dominé par la confection des listes lélectorales surtout au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP). Cette phase de désignation des candidats pour participer aux élections couplées de décembre 2012 qui rélève d’un vrai parcours du combattant. Si elle se passe sans heurts majeurs au niveau des autres formations politiques,  fait couler beaucoup d’encre et de salive au niveau parti au pouvoir. Et pour cause, chacun à tort ou à raisson, veut se positionner et bien se positionner.

 

Candidatures au CDP : Quand la demande l’offre

 

Or, il y a plus de postulants que de positionnements possibles. Dans ces conditions peut-on seulement  éviter les grincements de dents ? Le méga parti serait-il ainsi victime de son « tuk guili » ?  A en croir par exemple, Jean Léonard Compaoré, secrétaire exécutif chargé des consultations électorales  du CDP, dans le Kadiogo, par exemple, il y aurait  autour d’une soixantaine de prétendants (62 pour être plus précis) à la candidature  qui voudraient être investis par le parti pour neuf sièges à briguer.  Il a donc fallu trouver des mécanismes propres au parti pour distinguer le « bon grain de l’ivraie » à savoir : le dégré de militantisme, d’engagement du postulant mais aussi et surtout sa capacité à mobiliser des électeurs car il s’agit avant tout pour le CDP de remporter dans la mesure du possible, haut les mains, ces premières élections couplées (muncipales et législatives) de l’histoire politique du pays.  Pour la section provinciale du Kadiogo, une liste de dix candidats préselectionnés a été  rendue publique.

 

Succession à Kosyam : Un pan du scénario se dévoile...

 

En tête de liste, François Compaoré, Conseiller spécial à la  Présidecet du Faso. A peine cette liste qui n’est pas encore définitive,  même si on voit mal comment elle pourrait changer, a –t- elle été publiée que les supputations vont bon train. Pour beaucoup, il ne s’agit là que de manœuvres politico-politiciennes destinées à préparer la succession de l’actuel locataire de Kosyam par son frère. Député, il sera porté à la tête de l’Hémicycle et en cas d’incapacité du président, pour une raison ou autre, à gérer le pouvoir, le président de l’Assemblée nationale le remplacerait conformément à la loi fondamentale. Même si les choses étaient ainsi, encore que cela reste à prouver, François Compaoré est citoyen burkinabè,  et à l’instar des autres Burkinabè, rien ne l’empêche, juridiquement, de briguer la magistrature suprême  a fortiori la députation. Au-delà du cas  François Compaoré, la succession « père-fils » s’est faite ailleurs sans problème et peut toujours se faire  pour peu que le jeu politique ne soit pas biaisé. Et cela, il revient à  l’ensemble de classe politique, et surtout à l’Opposition politique, de veiller à cette transparence.

 

François Compaoré comme Karim Wade ?

 

Au Sénégal, lors des dernières muicipales que n’a pas fait Me Wade, en vieux briscard de la politique et alors qu’il était encore président de la République,  pour propulser son fils bien-aimé, Karim Wade à la Mairie de Dakar, puis à la Présidence avec, entre autres, son fameux « ticket présidentiel » ? Mais la matutrité politique du peuple sénégalais  a eu raison de lui et de son fils. Au Burkina Faso aussi, il revient au peuple souverain, de décider qui va le représenter à l’Assemblée nationale ou au palais de Kosyam  et cela par l’enrôlement puis le vote ; tout le reste n’est que pure élucubration.  Adamou L. KANTAGBA, Le Soir,  N° 0137, 30/05/2012.

 

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