GENOCIDE RWANDAIS. 19 ans après, quelles leçons tire-t-on?

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

GENOCIDE RWANDAIS

Dix-neuf ans après, quelles leçons tire-t-on ?

 

200 200 5e500e5cdd695905627e8fff370698ab-1365244374Ce 06 avril 2013,  la République du Rwanda commémorait pour la 19e fois l’anniversaire du génocide qui débuta le 6 avril 1994 avec l’attentat contre l’avion du président hutu Habyarimana, lequel revenait d’un sommet en Tanzanie. En tirant sur le Falcon présidentiel, l’on tirait du coup sur  les accords d'Arusha, signés en août 1993, et censés organiser le partage du pouvoir entre les Hutus et Tustis après plusieurs décennies d’hégémonie hutue. La boite de Pandore était ainsi ouverte. Et du 06 avril au 19 juillet 1994, date de la victoire militaire du Front patriotique rwandais (FPR) de Paul Kagamé sur l’armée du gouvernement génocidaire, un million de personnes furent assassinées selon les chiffres recensés par le Rwanda après le génocide même si l’Organisation des nations unies(ONU) lui préfère celui moins « macabre » de 800 000 victimes. Dix-neuf ans après, l’une des plus grandes tragédies de son histoire, le Rwanda, à l’instar de l’Afrique qui malgré des siècles d’esclavage et de colonisation reste toujours debout « s’est frayé, comme le reconnait le Sécretaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, un nouveau chemin dans le champ de ruines du génocide et poursuit sa route vers une société plus paisible et plus juste ». Dix-neuf ans après le génocide qui a inspiré autant auteurs, journalistes et réalisateurs, il est sidérant de constater que, sur le plan de la justice, les responsabilités ne soient pas jusque-là clairement situées en dépit des enquêtes officielles diligentées en Belgique, en France et à l’ONU. Après la piste belge soulevée, au lendemain de l’attentat, puis abandonnée aussitôt, la thèse du juge Bruguière, qui faisait des rebelles du FPR de Paul Kagame,  les auteurs dudit attentat, invalidée par les enquêtes de son successeur, le juge Trévidic, saura-t-on jamais quels sont les vrais commanditaires de l’attentat contre  l’avion du président Habyarimana considéré comme l’élément déclencheur du génocide rwandais ? Sur le plan politique, l’on peut toutefois saluer les excuses de la Belgique, même si elles interviennent 16 ans après soit le 7 avril 2010. A travers ces excuses, le pays de Léopold II ne reconnait-il pas implicitement sa responsabilité dans cette tragédie qui s’est jouée sur ce territoire qui fut jadis sa possession ? Si l’Europe semble avoir tiré leçon des deux guerres mondiales (1914-1918, 1939-1945) qui l’ont affectée durablement et s’est résolue depuis à résoudre ses différends, qu’ils soient politiques ou ethniques, comme c’est le cas en Belgique même, avec les Flamands et les Wallons, par des voies démocratiques. La « parenthèse de sang » au Rwanda entre Hutus et Tutsis avec son million de morts doit pouvoir aussi interpeller les Africains afin que plus jamais un problème ne soit résolu ni à la machette ni à la baïonnette comme c’est très malheureusement  le cas sur le continent comme actuellement au Mali avec la question  touarègue.  Adamou L. KANTAGBA

Publié dans Actualité

Commenter cet article