Hollande sort enfin de son silence!

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

SOMMET DE LA FRANCOPHONIE A KINSASHA

Hollande sort enfin de silence !

50 ans de franceafricEnfin le locataire de l’Elysée, sort de son silence. Il étaitafrica temps ! François  Hollande sera donc bel et bien présent au sommet de la Francophonie qui se tiendra à Kinsasha du 12 au 14 octobre ; cela n’en déplaise, certainement, à certaines formations politiques et organisations de la société civiles congolaises. En effet, beaucoup de tenors de l’opposition politique congolaise, qui contestent non seulement la légitimité, mais aussi et surtout le caractère démocratique du  pouvoir en place,  voient,  dans la venue de François Hollande une source de légitimation du régime. Aussi avaient-ils multiplié les appels afin que  le succsseur de Nicolas Sarkozy  n’honore pas de sa présence l’hôte du sommet de Kinsasha, Joseph Kabila. Mais Hollande pouvait-il seulement faire black out ? C’était  méconnaître la « real politik », François Hollande est président de la France, et à ce titre, il défend et défendra, toujours et avant tout, les intérêts français, et  participer à cette grand-messe des pays francophones s’avère être une bonne tribune pour le faire, surtout avec son nouveau concept de « diplomatie économique » dont on ignore encore tous les contours. Du reste, on n’a jamais vu, de mémoire de politiciens, un chef d’Etat français boycotté un sommet de la Francophonie quel qu’en fussent les raisons. D’ailleurs, selon la déléguée de l'OIF à la paix, la démocratie et aux droits de l’Homme la question d’un boycott de la France ne s’est jamais réellement présentée. Mais au-delà de tout cela, il est sidérant de constater que cinquante ans après les indépendances des Etats  africains les hommes  politiques du continent peinent à se libérer de la tutelle de la France, et recourent systématiquement à la « Mère-Patrie » pour résoudre le moindre pépin à l’interne. On l’a vu en Côte d’Ivoire, en Lybie, et tout récemment au Mali. Comment comprendre, en effet, l’appel au boycott lancé au président français par les opposants de Kabila. Et en quoi, par ailleurs, la présence de François Hollande, fût-il président de la Ve  puissance en Europe,  au sommet de la Francophonie en octobre serait-elle une légitimation du pouvoir en place ? Quand diantre les politiciens congolais  comprendront-ils  que ce n’est pas à la France de régler les problèmes de politique congolaise ? Si l’Opposition estime que le président Joseph Kabila a été mal élu en décembre 2011, c’est à elle de s’unir et de se battre pour les prochaines échéances électorales, car s’il y a une solution à la crise politque que vit la République démocratique du Congo, elle viendra de l’intérieur et non point de l’Héxagone.  A lire aussi  dans le journale Le Soir N° 0135 du 29/08/21012

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