Il faut sauver l'astrophysicien Diarra!

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Quel crime a pu bien commettre l’ancien premier Cheick Modibo Diarra pour cristalliser autant d’animosité contre sa personne ? Ni le président de la République par intérien Dioncounda Traoré, ni « Django », le tout nouveau sauveur que les Maliens semblaient espérer ne paraissent s’émouvoir de ce qui arrive à l’ex premier ministre. C’est donc bien fait pour lui ! Lui qui n’avait d’égard que pour la junte. Il est vrai qu’en son temps l’ancien chef de l’exécutif malien ne la jouait pas collectif préférant faire cavalier seul et n’en faire qu’à sa tête. Il est aussi vrai que Cheick Modibo Diarra ne cachait plus sa volonté d’être le prochain locataire du palais de Koulouba et avait donc, aux dires de ses détracteurs, son agenda caché. Bref, l’astrophysicien de la NASA, sans être poète, avait plutôt la tête dans les étoiles que sur les problèmes maliens, toute chose qui avait fini par agacé plus d’un. Mais n’a-t-il pas déjà cher payé, son manque de réalisme, ses rêves démésurés depuis cette nuit du mardi 11 décembre où arrêté et conduit au camp de Kati par les hommes du capitaine Amadou Haya Sanogo, il a été contraint de démissioner de ce poste de premier ministre dont il avait fait le tremplin pour accéder à la magistrature suprême ? Cela en violation manifeste de la loi fondamentale malienne qui dispose en son article 38 que c’est le président de la République qui nomme le Premier Ministre et qui met fin à ses fonctions sur présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement. Et depuis sa démission forcée, Cheick Modibo Diarra est interdit de sortir du territoire malien par l’homme fort de Kati même pour des raisons médicales. La dernière tentative malheureuse remonte à la nuit du vendredi 4 au samedi 5 janvier. Pourquoi ? Bien malin qui saurait le dire. Pour le Copa, Collectif des patriotes, mouvement pro-junte, Cheick Modibo Diarra doit rendre des comptes sur sa gestion. Qu’à cela ne tienne, est-il du ressort de la junte de le contraindre à rendre compte ou cela relève-t-il des prérogatives de la justice malienne ? En cela les autorités maliennes doivent prendre leurs responsabilités ou rendre le tablier. Si rien n’est fait, ce qui arrive à Diarra pourrait aussi leur arriver. Il faut arêter la volonté d’hégémonie du soldat Sanogo. On se rappelle aussi que l’ancien premier ministre avait fermé les yeux sur l’attaque perpétrée contre le président Dioncounda Traoré. Dioncounda ne peut pas fuir indéfiniment ses responsabilités et ses prérogatives. Cheick Modibo, est visiblement malade. Des problèmes aux poumons et niveau de la clavicule droite. C’est une question de vie ou santé. Il doit pouvoir aller se soigner, peu importe ce qu’on lui reproche. Il aura le temps de répondre de sa gestion. A lire aussi dans Le Soir.

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