JE M’INTERROGE VI

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 

L & ESalle une ou salle un ?

 

         Il n’est pas rare d’entendre parfois dans la conversation des élèves, des étudiants et même des candidats au concours directs ou professionnels de la fonction publique dire : « Je compose dans la salle une ». Est-ce correct ? Où doit-on dire : « Salle un ? »

Eh bien ! Contrairement à ceux que beaucoup croient et disent, la forme correcte en français de Bengué et non point en fran-mooré made in Fasoland, c’est : « Salle un ».

Pourquoi ? Parce que très simplement, chers amis, on devrait normalement dire (si on veut tout dire) : « Salle numéro un ». Il se trouve qu’en littérature (grammaire/rhétorique), nous avons une figure qui nous permet d’économiser de l’encre et/ou de la salive (voyez-vous l’économie est partout) en n’écrivant pas et en ne disant pas tout. Cette figure, c’est l’ellipse. C’est une figure qui, selon G. Genette, consiste à supprimer un ou plusieurs mots nécessaires à la compréhension parfaite de la phrase.

L’ellipse est donc une suppression voulue qui n’empêche pas la compréhension.  Exemple : Lorsque je dis : L’étudiant écoute et apprend. Chacun comprendra que je dis : L’étudiant écoute et l’étudiant apprend, même si, dans le 1er cas, j’ai omis volontairement : l’étudiant. C’est ce phénomène que nous observons avec salle un. En effet, en supprimant intentionnellement numéro pour ne dire que salle un, tout le monde comprend qu’il s’agit bel et bien de : « Salle numéro un ». Le seul problème qui se pose, c’est qu’en supprimant numéro, les locuteurs francophones que nous sommes avons tendance à rapporter un à salle pour dire : « Salle une ». C’est une erreur. Un doit se rapporter à numéro qui est sous-entendu. C’est ce qui explique qu’on dise : « Salle un » et non « Salle une ».

De la même façon, on devrait dire : « J’ai construit à la zone un » et non pas : « J’ai construit à la zone une ». Donc quand nous passons notre temps à dire : « Zone une », « Zone une » … C’est une faute. Et cette faute-là est tellement rentrée dans nos habitudes de langage que c’est zone un qui semble être pour beaucoup la faute.

Remarque : L’ellipse ne se limite pas uniquement à la simple omission de mots, elle se rapporte aussi au temps. On retrouve en effet l’ellipse dans les romans comme dans les films.

Quand vous regardez un film, on peut montrer un personnage dans une chambre… Soudain, plus rien ! L’écran devient noir ! Quand les images reviennent le personnage en question est dans une voiture, dans un train ou dans un tout autre endroit. Le réalisateur a sauté délibérément une partie car il sait que vous comprendrez et que ce n’est pas la peine de tout vous montrer. Il s’agit de l’ellipse. Pour être plus précis, il s’agit d’une ellipse temporelle.

À bientôt sur… 

kantadamoul.over-blog.com

Publié dans Critique littéraire

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