JUSTICE

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 
              La CPI, une Cour pénale internationale ou africaine ?

 

 

 

 

 

« Cette Cour agit sur demande des gouvernements européens et américain, contre la souveraineté des États et peuples africains (...) des gens ont qualifié cette situation de 'chasse raciale', j'ai de grandes difficultés à être en désaccord ». "Tout le monde sauf l’Afrique semble exempt de rendre des comptes", a poursuivi M. Kenyatta : "nous ne récoltons que des préjugés et une chasse raciale à la CPI".
À l’image du nouveau président Kenyan, elles sont de plus en plus nombreuses, les voix qui s’élèvent sur le continent berceau de l’humanité, berceau de la civilisation pour dénoncer l’acharnement de la CPI à l’endroit des Africains. On se plaint que la CPI poursuit des présidents en l’exercice de leur fonction : Béchir, Kenyatta. Cela est inadmissible pour les uns, foutaise pour les autres.
Mais moi, je dis que c’est bien fait pour nos chefs d’Etat. Bien fait pour eux ! Car chaque fois que les Blancs conçoivent un nouveau truc, un nouveau machin, les premiers à le ratifier, haut la main, ce sont encore et toujours les chefs du continent qui tels des enfants gâtés n’ont d’yeux que pour la nouveauté : tout nouveau, tout beau !  Il en fut de même à l’avènement du Statut de Rome, texte fondateur de la CPI. Alors que l’Oncle Sam, la plus vieille démocratie au monde a refusé de le ratifier, les présidents africains, plus royalistes que le roi, certainement par fanfaronnade ou pour bénéficier de quelques prébendes, que par conviction, ont été les plus nombreux à accorder au fameux Statut leurs bénédictions.
Après, on vient se plaindre que la CPI ne s’en prend qu’aux Africains, que la CPI viole l’immunité des princes du jour. L'article 27 du Statut de Rome ne dit-il pas expressément qu'aucune "qualité officielle" - notamment celle de chef d'Etat - ou immunité ne peuvent être opposées à la CPI. Moi, je dis que chacun a mal là où il a péché. Bien fait pour vous ! Vous avez signé, assumez !
Mais à quelque chose malheur est bon. Voilà que cette traque, cet acharnement ouvrent les yeux des Nègres que nous sommes. Nos chefs d’Etat sont en train de demander un amendement du Statut de Rome. Ils demandent en en effet qu’aucune poursuite ne soit engagée devant un tribunal international contre un chef d'Etat ou de gouvernement en exercice. En attendant, ils refusent de livrer sans lever le petit doigt leur alter ego : Béchir et Kenyatta à une cour dont la politisation ne fait l’ombre d’aucun doute.
Si la CPI veut qu’on la prenne au sérieux, elle doit se faire sérieuse. La politique du deux poids, deux mesures qu’elle pratique exaspère et doit cesser. Comment ne pas comprendre l’indignation de nos chefs d’Etat, sans excuser leurs nègreries, quand Bush, le boucher après avoir causé la mort de milliers d’Irakiens sur la base d’armes de destruction massive qui n’ont jamais existé se la coule douce dans son ranch au Texas et que pour moins que cela des dirigeants africains ne peuvent plus fermer les yeux. Il est grand temps que la CPI revoit sa copie.  Le « I », international de la cour doit avoir tout son sens et ne pas être un trompe l’œil. Il y va de sa crédibilité et de sa survie car à l’allure où vont les choses, il n’est pas exclu que l’Afrique quitte le navire battant pavillon CPI.

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