KENYATTA COMME EL BECHIR

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

Jusqu’où ira  Fatou BENSOUDA ?

Après maintes hésitations qui ont exaspéré plus d’un électeur kenyan et fait craindre le pire, la Commission électorale indépendante (IEBC) a enfin donné  ce samedi le verdict des urnes. Uhuru Kenyatta a obtenu 50,07% des suffrages exprimés et a donc été déclaré le président la République du Kenya par le président de l'IEBC, Ahmed Issack Hassan. Le fils de Jomo Kenyatta, premier président du Kenya rafle ainsi donc la  mise face à son challenger Raila Odinga, lequel avait déjà perdu  en 2007 face au président sortant Mwai Kibaki.  Il succède pour ainsi dire un demi-siècle après à son géniteur et perpétue la tradition du : « Après moi c’est moi » qui semble faire faire tâche d’huile sous nos Tropiques mais pas seulement et avec laquelle, il faut bien compter désormais en politique. Les fils et filles de présidents de même que les Premières dames ne voulant plus se faire conter les choses. L’époque des « Papa m’a dit »  paraît bien révolue ! On l’a bien vu avec les Bush, les Clinton, les Faures, etc. Maître Wade n’y a renoncé qu’à son corps défendant. Mais  Uhuru Kenyatta fera-t-il mieux que son père, le père de l’indépendance kenyanne ? En aura-t-il le temps et les moyens ? Rien n’est moins sûr. Car au-delà de la morosité de situation économique mondiale, l’épée de Damoclès plane sur la tête du  tout nouveau président kenyan ainsi que son colistier et donc vice-président, William Ruto, transfuge du camp Odinga. Les deux hommes sont effet sont accusés par la Cour pénale internationale (CPI) que dirige l’ancienne ministre de la Justice gambienne Fatou Bensouda pour, dit-on, leur implication dans l'organisation des violences postélectorales  consécutives à la « courte défaite » de Raïla Odinga en  2007, lesquelles violences avaient occasionné plus d’un millier de morts et fait plus de 650.000 déplacés. Les magistrats de la Cour pénale internationale l’ont dit et redit, l’élection de  Uhuru Kenyatta à la magisture suprême n’entame ni n’émousse en rien leur volonté et leur détermination à aller au bout de leur agenda. Après le Soudanais Omar El Béchir, le Kenyan, Uhuru Kenyatta, sera donc le deuxième président en exercice de ses fonctions  à être poursuivi pour la CPI qui, jusque-là en tout cas,  semble avoir été créé spécialement pour traquer et donner de l’insomnie aux chefs d’Etats du continent. Avec Kenyatta, jusqu’où ira cet acharnement de la Cour ? L’élection de la Gambienne Fatou Bensouda qui avait suscité l’espoir, ici et là, n’a rien changé à cet acharnement à poursuivre du « Nègre » et n’y changera problablement rien. Son choix se revèle être encore une fois un gadget pour amuser la galerie. L’Afrique n’a pas le monopôle des crimes contre l’humanité, Bensouda et ses collaborateurs devraient songer à voir aussi ailleurs ; le gros poisson n’y manque. En toout les cas, dans ledossier Omar El Béchir comme celui Uhuru Kenyatta, la Cour pénale joue une fois de plus sa crédibilité. Mais il est fort à parier qu’elle court encore le risque de se faire narguer. A lire aussi dans votre quotidien Le Soir.

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