L'EDITION LITTERAIRE AU BURKINA

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 

 

Qu’est-ce qu’il faut savoir ?

 

 

livres jeunesse« J’ai un manuscrit ; comment me faire éditer ? », « Combien cela coûte-t-il pour faire publier un roman ?, etc. Voilà, chers amis lecteurs, quelques questions qui me sont souvent posées lors des ateliers d’écriture organisés par le Cercle littéraire et artistique lire et écrire (L&E) ou des différents fora littéraires auxquels je participe ici et là.

À travers ce billet, je voudrais partager avec vous ma modeste connaissance sur cette délicate question de l’édition.

Il existe, de façon générale, quatre types d’édition.

Le 1er type est celui qu’on appelle l’édition à compte d’éditeur. C’est l’édition classique. Comment se manifeste-t-elle ?

À ce niveau, l’auteur envoie son manuscrit ou tapuscrit à une maison d’édition dont il connait, c’est toujours mieux, la ligne éditoriale. L’éditeur reçoit ledit tapuscrit qu’il soumet à un comité de lecture composé normalement de critiques littéraires, d’hommes de lettres, bref de spécialistes du domaine qui apprécient la qualité de l’œuvre. Si le manuscrit est jugé de belle facture, un contrat d’édition est signé entre l’auteur et la maison d’édition. Après le contrat, l’éditeur mobilise les ressources financières nécessaires. Le livre, après quelques corrections, est édité. La maison d’édition en assure, en principe, la vente, la distribution ainsi que la promotion de l’ouvrage. L’auteur perçoit généralement 10 à 15% en termes de droits d’auteur sur chaque exemplaire du livre vendu.

L’édition à compte d’éditeur est fort malheureusement peu répandue au Burkina Faso. Cela pourrait expliquer en partie le manque de vitalité de la littérature burkinabè, cinquante ans après les soleils des indépendances.

le lièvre, l'éléphant... boubou hamaLe 2e type d’édition, c’est l’édition à compte d’auteur. Elle est de loin la plus répandue dans notre pays. C’est, en effet, cette forme d’édition que pratique par la totalité de la dizaine d’éditeurs qui constituent l’Association des éditeurs du Burkina Faso (Assedif).

À ce niveau, l’auteur envoie son tapuscrit à une maison d’édition qui lui fait un devis. L’écrivain paie la facture et l’éditeur lui fabrique ses livres. L’auteur se retrouve ainsi donc avec tous ses livres sur les bras. Il doit en faire lui-même la distribution, la promotion, etc.

Dans cette forme d’édition, les préoccupations esthétiques sont très souvent mises de côté. Votre livre est publié pour peu que vous en ayez les moyens. Le comité de lecture est sacrifié.

Le 3e type d’édition est l’autoédition. Cette forme se développe aussi de plus en plus sous nos cieux. À ce niveau, il faut connaître quelque peu le milieu du livre et de l’édition. Pourquoi ? Parce qu’il faut après avoir fini votre manuscrit, il faut trouver un ISBN (international standard book number),   un numéro DL (dépôt légal). Ensuite, il faut une certaine maîtrise de l’outil informatique notamment le PAO pour concevoir la maquette du livre, ainsi que tous les autres aspects techniques avant de passer à l’imprimerie. Ainsi que vous pouvez le constater, dans le cas de l’autoédition, l’auteur est au four et au moulin. Il est à la fois auteur, éditeur et même libraire. Au-delà des ressources financières dont il faut absolument disposer, il faut aussi avoir de solides compétences techniques. Donc amateurs, abstenez-vous.

livres adultesL’avantage qu’offre ce type d’édition aux professionnels, c’est que le coût de l’édition est très réduit comparativement à l’édition à compte d’auteur qui demande, il faut le reconnaître, énormément de moyens. De plus l’auteur maîtrise l’ensemble du processus de A à Z.

Le 4e type d’édition est peut-être une particularité du pays des hommes intègres. En tout cas, je l’ai observé ici avec certaines maisons d’édition. Il est à mi-chemin entre l’édition à compte d’éditeur et l’autoédition. L’éditeur demande à l’auteur une contribution financière pour la publication de son livre. Selon les maisons d’édition, cet apport financier de l’écrivain ou de l’écrivant lui sera remboursé ou pas sous forme de livres.

Au terme de ce billet, chacun se fera, je l’espère, une idée de l’édition littéraire au Burkina Faso. Et même si se faire éditer semble relever d’un parcours du combattant, il n’y a pas lieu de désespérer ? Pourquoi ? Parce qu’ici comme ailleurs le problème de l’édition n’est jamais définitivement réglé même pour les grands auteurs ainsi que me le disait le doyen Pierre Claver Ilboudo.  La meilleure façon de se faire éditer est de travailler son manuscrit. Il n’y a pas 36000 solutions. « Cent fois, remettez-vous à l’ouvrage » disait Boileau.

 

Publié dans Critique littéraire

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Kantagba 25/09/2016 03:15

Bonsoir BACYE,

Je prends note note de votre souhait. Ecrivez-moi à : barbedelimam@gmail.com. D'ici prenez soin de vous. Merci de nous lire et au plaisir de vous relire.

BACYE 23/09/2016 17:06

bonsoir
je souhaiterais savoir si vous pouvez me donner le nom d'un éditeur au Burkina Faso! je suis à la Recherche d'un pour avoir une facture pro format car il y a une bonne volonté qui voudrait m'aider pour l'édition mais demande une facture pro format

Gérard 05/09/2016 22:27

Merci grandement, pour la précision et la clarté. Ca fait 5 ans que je travaille sur des tapuscris, mais le problème dédition à toujours été un problème. Mais je comprend mieu. Bien à vous !

Kantagba 08/09/2016 05:10

Bien à vous Gérard. Je suis heureux de savoir que ce billet vous aidé. Surtout ne baissez pas les bras. Je formule le vœu qu'un ces quatre vous nous invitiez à une dédicace !

Gérard 05/09/2016 22:27

Merci grandement, pour la précision et la clarté. Ca fait 5 ans que je travaille sur des tapuscris, mais le problème dédition à toujours été un problème. Mais je comprend mieu. Bien à vous !

NABALMA Fabiola 08/10/2014 15:39

Merci beaucoup Mr.ça m'aide énormémt vu que le professeur à qui j'ai confié Mon manuscrit n'a pas vraiment de temps actuellemt. Maintenant que j'ai cette information je songe à une autre manière pour la publication de Mon écrit. mercii encore.