La nouvelle burkinabè

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 

 

 

 

« La barbe de l’imam » d’Adamou L. Kantagba : Des nouvelles pour dépeindre les relations humaines

 

La Barbe de l'Imam Le cercle des écrivains burkinabè vient de s’agrandir avec l’entrée en scène d’un jeune auteur, Adamou L. Kantagba qui vient de publier un recueil de nouvelles  intitulé « La barbe de l’imam ». Edité en juin 2009 aux éditions « Burkina Livres » de Bobo-Dioulasso, cet ouvrage traite des relations humaines. Amour, croyances, religions et bien d’autres réalités sociales n’échappent à la belle plume de l’auteur.

Riche de 71 pages, « La barbe de l’imam » est un recueil de 11 nouvelles intéressantes. Il s’agit, entre autres, de « L’ambianceur », de « L’intrus » et surtout de la nouvelle qui donne son nom à l’ouvrage, « La barbe de l’imam ». Dans un style captivant, l’auteur au fil des pages, dépeint les relations humaines sur un ton humoristique et parfois dramatique. Et le lecteur se rend tout de suite compte de la bonne maîtrise de la langue de Molière par l’écrivain qui fait usage de phrases courtes. L’histoire de « La barbe de l’imam » qui révèle l’absurdité de l’homme, en est une parfaite illustration. L’intrigue se noue et se dénoue autour d’un imam, « intègre » et « exemplaire ».

Personnage à la barbe épaisse, Salam Ibn Omar, de par son comportement, s’est fait une bonne réputation à Koira-Noma, village où se déroule l’histoire. Mais c’est sans compter avec la nature de l’homme, cet être imprévisible. Contre toute attente, Salam Ibn Omar va se rendre coupable de ce qu’aucun fidèle musulman n’aurait imaginé : sauter sur la femme de son ami d’enfance. Et c’est profitant nuitamment de l’absence de son ami, sorti pour se soulager, que l’imam a remplacé celui-ci auprès de sa femme. Croyant que c’était son époux, celle-ci s’est mis à caresser son menton pour s’apercevoir par la suite qu’elle a à faire à un barbu. Coup de théâtre ! Elle cria pour alerter son mari qui vit du dehors une silhouette enjamber le mur dans la pénombre. Stupéfaite, la femme dira à son mari que la barbe qu’elle a touchée n’est autre que celle de... Salam Ibn Omar. L’histoire de « La barbe de l’imam » est à l’image de celles des autres nouvelles, aussi « piquantes » les unes que les autres. En somme, l’auteur à travers les lignes, met à nu les relations ambigües que les hommes entretiennent entre eux.

Disponible dans les grandes librairies et alimentations du Burkina Faso au prix de 1 500 F CFA, « La barbe de l’imam » est un recueil de nouvelles à découvrir. Son auteur, Adamou L. Kantagba, est un jeune de 31 ans qui a vu le jour à Niamey (Niger). Titulaire d’une maitrise en Lettres modernes, ce jeune écrivain est actuellement Directeur des Etudes et promotteur du Cercle littéraire et artistqiue Lire & Ecrire. Collaborateur de certains journaux (Le pays, Le Soir, Junior vision...), Adamou L. Kantagba a déjà remporté des lauriers avec certaines nouvelles de « La barbe de l’imam », son premier ouvrage. C’est le cas par exemple de « L’intrus » qui a remporté le 1er prix du Club littéraire et artistique Nazi Boni de l’Université de Ouagadougou (CLANBUO) en 2005. Passionné de littérature, Adamou L. Kantagba qui a encore d’autres projets, dit avoir été fasciné dès son jeune âge par « les auteurs négro-africains comme Biraogo Diop et Senghor ».

 

A lire dans le journal de tous les Burkinabè, Sidwaya.


Kader Patrick KARANTAO (stkaderonline@yahoo.fr)

Sidwaya

 

 

Publié dans Critique littéraire

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