La CEN-SAD, deux ans après le Guide !

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 

La Conférence extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) qui s’est tenue le vendredi 16 février 2013 au pays du président Idriss Deby Itno, par ailleurs président en exercice de la CEN-SAD marque indiscutablement la relance des activités de cette structure sous-régionale.  Créée sous l’égide du  colonel Mohammad Kaddafhi en  février 1998 à Tripoli, l’organisation qui regroupe 28 Etats de ce vaste ensemble géostratégique que constitue la zone Sahélo-Saharienne semblait en effet croupir dans une sorte de léthargie depuis le début de la crise en Libye en février 2011 et qui s’est soldée avec la mort du Guide. Deux ans donc,  après la mort d’un de ses principaux géniteurs, et à la faveur de la menace terroriste quasi-permanente dans cette région et qui compromet dangereusement  la stabilité de tout l’espace ; l’invasion du septentrion malien, l’attaque du site gazier In Amenas, etc. témoignent bien de la réalité de cette menace que fait planer les groupes terroristes  affiliés ou pas Alqaïda sur cette partie du continent. Il était donc, on ne peut plus, opportun que les Etats membres de la CEN- SAD se retrouvent pour effectivement relire les textes de cette institution dont les objectifs initiaux étaient, entre autres, l'établissement d'une union économique globale et la suppression de toutes les restrictions qui entravent le rassemblement de ces pays membres en vue d’un certain recadrage et les adapter à la nouvelle donne régionale. En cela, le président tchadien fut très inspiré en convoquant cette session extraordinaire dont l’agenda prévoit l’adoption de la charte révisée de la CEN-SAD mais aussi l’examen des problèmes de sécurité dans l’espace sahélo-saharien qui du fait de sa position géostratégique entre l'Afrique du Nord et l'Afrique noire mais aussi et surtout des ressources naturelles dont il regorge suscite bien de convoitise.  Ratifié par les  24 pays sur les 28 qui ont pris part au sommet de la capitale tchadienne, la CEN-SAD nouvelle version, nous l’espérons, saura répondre de façon adéquate et satisfaisante aux enjeux économiques, écologiques et sécuritaires auxquels fait face la Communauté. Mais la réponse à terme passe par l’unité africaine. En attendant, l’on peut déjà saluer l’approbation par le sommet des 500 millions de FCFA alloués à la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) par le Secrétariat général de la CEN-SAD ainsi que l’appel au soutien au processus politique, diplomatique et militaire en cours dans l’ancien Soudan français.

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