La Constitution burkinabè à la lumière de l'invasion islamiste

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

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Le Général Seyni Kountché, qui a présidé aux destinées de la République du Niger de 1974 jusqu’à sa mort en 1987 était un homme intègre mais aussi très austère et donc très craint de ces compatriotes du pauvre paysan de Bouza à l’intérieur  du pays jusqu’au au cadre supérieur de la capitale. On raconte qu’il  y eut une fois innondation à Niamey. Homme de terrain,  il se décida à aller constater de visu le drame que vivaient les populations, victimes de l’inondation et leur apporter par la même occasion une réponse idoine. Ses ministres et toute leur suite l’accompagnèrent. Arrivé sur les lieux, le président rentra dans l’eau pour aller constater de plus près les dégâts. Les ministres et leur délégation étaient restés  sur la berge. Ils ne voulaient ni se mouiller encore moins se salir dans cette eau boueuse. Lorsque Kountché parcourut quelques trente mètres, il ne sentit aucune présence ni à côté de lui, ni derrière lui. Il se retourna alors pour voir ce qu’était devenue sa suite. Quand ceux qui étaient remarquèrent son geste, chacun comprit le danger qu’il courait en restant à la berge ; alors ministres, Sécretaires généraux, Directeurs généraux, tous plongèrent dans l’eau sans se soucier du grand boubou en bazin riche, bien brodé qu’il portait !

Cette histoie est pour nous une allégorie. Elle n’est pas sans rappeler ce qui se passe actuellement dans le pays du grand Soundjata Keïta. Pendant longtemps, les chefs d’Etats de la sous-région, à l’instar des ministres, des SG et autres DG de Seyni Kountché,  étaient restés sur la berge laissant les Maliens, un peu comme les victimes des inondations à Niamey, se déméner comme de beaux diables dans leurs problèmes ; c'est-à-dire en prise avec les islamistes de tout acabit qui pour un voile non ou mal porté, pour un son mal kiffé vous faisaient passer un sale quart d’heure. voile

Il a suffit que le président François Hollande, qui joue ici le rôle de son alter égo Seyni Kountché, se jettent dans la bataille comme un samouraï pour que les présidents nigérians, nigériens, togolais, ivoiriens, guinénéens, etc. se jettent aussi à l’eau sans demander leur reste. Rappelez-vous les minsitres de Kountché ! Cela jusqu’au président Blaise Compaoré, pourtant médiateur dans la crise malienne.

blaise compaoré  Le doctissime Bilaise se serait ainsi donc jeté dans la guerre de libération du Nord-Mali à la suite de François Hollande, comme ça dans la précipitation ? En tout cas, sauf ommission de notre part, l’auguste Assemblée nationale n’a pas été consultée pour l’envoi des cinq cents de nos vaillants soldats au Nord-Mali pour casser du rebelle. Pourtant l’article 106 de notre loi fondamentale dispose que la déclaration de guerre et l’envoi de troupes à l’étranger sont autorisés par l’Assemblée.  Mais que voulez-vous quand Seyni Kountché, pardon,  François Hollande se jette à l’eau, on ne s’embarasse de forme, on se jette illico presto comme lui à l’eau. Ceci explique donc cela. Mais dans cette histoire ce qui me pose véritablement problème c’est que les fous d’Allah qui faisaient le malin dans le Nord-Mali sont en train de prendre leurs jambes à coup refusant ainsi de mourir pour Allah et nul ne sait où ils se terrent.  Prions tout ce que nous voulons pour que l’idée ne leur vienne pas à l’esprit de se venger du médiateur devenu brusquement chef de guerre à la suite de François Hollande. Pourquoi? Parce que ce n’est pas sûr que nos forces de défense,  en dépit des feuilles qu’on fait pleuvoir sur les officiers (mieux gâtés que nos chers Professeurs agrégés, bac+ oh là là !), en dépit des  chars et autres hélicoptères dont on nous pompe l’air chaque onze décembre, pourront repousser du MNLA, du Ansar Dine, du Mujao et du Aqmi. Pourtant notre Constitution,  notre ultime rempart, notre ultime forteresse, ne nous arrange pas de ce point de vue. Elle dérange même. Que dispose-t-elle à cet effet ? Lisez vous-mêmes : Lorsque les Institutions du Faso, l’indépendance de la Nation, l’intégrité de son territoire ou l’exécution de ses engagements sont menacés d’une manière grave et immédiate et/ou que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics  constititutionels est interrompu, le Président du Faso prend, après délibération en Conseil des ministres, après consultations officielle des présidents de l’Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel, les mesures exigées par ces circonstances. Il en informe la Nation par un message. En aucun cas, il ne peut être fait appel à des forces armées étrangères pour intervenir dans un conflit intérieur.  L’assemblée nationale se réunit de plein droit et ne peut être dissoute pendant l’exercice des pouvoirs exceptionnels.

Vous vous immaginez, nous à la place du Mali, les deux tiers du pays des hommes dits intègres aux mains de ces faux barbus d’Aqmi qui refusent de mourir au non d’Allah mais sont prompts à tuer au nom d’Allah,  sans la moindre possibilité d’appeler au secours le grand mamitou François Hollande ou encore l’Oncle Sam, le gendarme du monde. Heureusement que la Constitution n’est la Bible ou le Coran ; faite par l’homme, la Constitution peut-être défaite et refaite par l’homme.

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