LES ECRIVAINS BURKINABE ET LEURS ŒUVRES VI

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 

Ptits gars, grds rêvesSidpaul Goama et Félicité Dondassé 

 


Petits gars, grands rêves

 

«Nul ne choisit ses parents, mais chacun peut imaginer son avenir » ainsi s’ouvre le premier bébé de Sidpaul Goama et Félicité Dondassé : Petits gars, grands rêves qui, à bien des égards, semblent être didactique. Des conseils, des orientations, des enseignements à travers adages et anecdotes, l’ouvrage en est plein. On y lit entre autres : « Celui qui sait que son père a terrassé des lions ne craint pas les loups », « Vouloir, c’est pouvoir, naviguer, c’est réussir. Seul compte le premier pas. Mais celui qui est confiant est prêt à tout pour que le rêve devienne réalité, quelque chose à partager », etc. Le volumineux para (péri) texte renforce amplement ce sentiment.

Lazare Ki-Zerbo, préfacier de l’ouvrage, écrit d’ailleurs à ce sujet : « À l’heure où l’Afrique-mère bouillonne de conflits importés par des mains trop invisibles, la piété filiale et l’obstination de Sagdo peuvent édifier utilement la jeunesse panafricaine, et renforcer les convictions bien ancrées de celles et ceux qui, debout sur le continent africain et sa diaspora, sont habités par la volonté farouche de vaincre le péril du fatalisme, aptes de ce fait à sortir d’une longue nuit pour voir éclore le jour nouveau et apercevoir enfin la grâce de la lumière, autre nom peut-être du bonheur ».

Si Petit gars, grands rêves, dont l’auteur lui-même affirme qu’il est un témoignage de motivation pour montrer ce que chacune et chacun d’entre nous peut réaliser d’extraordinaire, à partir d’une simple idée, a un arrière-fond didactique, il a aussi quelque chose d’autobiographique. En effet le personnage principal du roman, Sagdo (poubelle en mooré) est un porteur de tenue tout comme un des auteurs : Sidpaul Goama. Et les missions militaires de Sagdo que le narrateur décrit avec minutie semblent plus relever des expériences personnelles de Sidpaul Goama lui-même que de la pure fiction.

Mais l’innovation majeure qu’apporte Sidpaul Goama à la littérature burkinabè écrite d’expression française avec cet ouvrage est d’ordre formel. Il a, en effet, réussi la prouesse technique, non seulement d’écrire le roman à deux (co-écriture) mais aussi et surtout avec sa mère qui se trouve être en réalité la co-auteure du roman.

Chapeau bas, l’artiste !

 

 

 

 

 

Publié dans Critique littéraire

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