Les jours de Bozizé au pouvoir sont-ils comptés ?

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

africaAprès seulement trois semaines d’offensive, la coalition rebelle du Séléka occupe une bonne partie du nord-est centrafricain. Il serait même aujourd’hui à quelque mile de la capitale Bangui.  Les jours du président François Bozizé  au pouvoir semblent donc bien comptés. En effet,  s’il y a  encore deux jours, la coalition affirmait  ne pas vouloir s’emparer de la capitale, arguant qu’il était inutile de livrer bataille face à un président, qui, selon elle, « a déjà perdu le contrôle du pays »,  il n’en est plus rien.  Une offensive contre Bangui n’est plus du tout à exlure a estimé Eric Massi, le porte parole du Séléka selon lequel François Bozizé aurait l’intention de livrer bataille à Bangui. Les Forces armées centrafricaines(FACA) sont – elles  donc en mesure de casser du rebelle ? Qu’est-ce qui expliquerait alors la débandade des FACA partout ou les rebelles du Séléka sont passés ? Certaines villes comme Kaga Bandoro et même Bambari considérée pourtant une place forte ont été prises parfois sans que l’armée cenrafricaine n’ait dégainé le moindre  pistolet préférant fuir un peu plus au sud.  Cette énième débandade repose la délicate question du financement des armées nationales. A quoi bon donc consacrer l’essentiel des maigres budgets de nos Etats à nos armées au détriment des secteurs aussi vitaux  comme : l’agriculture, l’éducation, la santé, etc. lorsque ces armées ne sont aucunement capables de prémunir l’Etat contre la moindre tentative d’invasion ou de rebellion ? Ce fut le cas en Côte d’Ivoire, c’est le cas au Mali et c’est le cas aussi en Centrafrique. Il a fallu chaque fois recourir aux forces étrangères,  à la France. C’est sidérant de constater que cinquante ans après les soleils des indépenances les Etats africains ont du mal  à assumer véritablement leur indépendance et continuent à recourir à l’ancienne puissance colonisatrice pour la résolution de leur moindre pépin. C’est sans doute sur ce soutien militaire extérieur  que  compte le président Bozizé. Il ferait mieux de profiter de la présence des troupes de son inconditionnel soutien Idriss Déby Itno déployées sur le terrain depuis le 18 décembre comme une espèce de force tampon ainsi que l’arrivée du  Dr Thomas Yayi Boni, président en exercice de l'Union africaine ce dimanche 29 décembre pour amorcer un dialogue véritable avec  la coalition rebelle avant qu’il ne soit trop tard, s’il ne l’est pas déjà : son départ étant mis dans la balance par les rebelles. Pour la position de Paris, François Hollande a été, on ne peut plus clair : « Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays ». En agissant de  la sorte le « président normal » tient ainsi une de ses promesses de campagne rompre d’avec  les vieilles manières  cavalières, de faire de son prédécesseur, le bouillonnant Nicolas Sarkozy qui ne sont pas sans rappeler cette fameuse Françafrique. Cette époque-là est révolue ! Bozizé ainsi que ses pairs doivent se le tenir pour dit.  Cela vaut aussi bien pour les rebelles qui sont en passe de prendre le pouvoir. Quiconque accèdera au pouvoir par effraction, ne devra plus compter sur le soutien de la France, bouc émissaire  qu’on charge de tous les  péchés d’Israël mais qu’on est prompt à appeler au secours quand tout va mal.   A lire aussi dans Le Soir.

                                    

50 ans de franceafric 


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