Libération et sécurisation du Nord-Mali.

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

La véritable guerre va commencer !


François Hollande l’avait dit et redit que la France n’avait pas vocation à rester. C’est dire combien du côté de l’Elysée, l’on pensait plutôt à une « guerre éclair ». Mais qu’on s’y trompe pas la guerre de reconquête du septentrion malien n’est pas et ne sera pas du tout une promenade de santé  pour personne. Et c’est le moins que l’on puisse dire au regard des récents qui sont survenus à Gao du 8 au 10 février avec notamement les attaques suicides menés par les islamistes du Mouvement pour le l’unicité et jihad en en Afrique de l’Ouest (MUJAO) suivies d'affrontements avec les militaires maliens et de leurs alliés français et nigériens et qui ont porté à deux le nombre de mort dans les troupes de l’armée française. Les forces africaines, à travers la Mission internationale de soutien au Mali(MISMA)  y enregistrent également ses plus lourdes pertes. C’est dire donc que contrairement à ceux beaucoup croyaient la libération du Nord-Mali n’est pas encore dans la poche. Il semble en effet que la véritable guerre ne fait que commencer. Certes avec les frappes de l’opération Serval, les points névralgiques de ces fous d’Allah qui régnaient en maîtres incontestés et incontestables sur Gao, Tombouctou, Kidal, etc. il y a à peine quelques mois ont été anéantis et réduits à néant. Mais qu’à cela ne tiennent les djihadistes n’entendent pas se faire ainsi chasser de tous ces territoires qu’ils avaient occupés pendant près d’une année sans mot dire, sans dégainer la moindre kalach. Ils ont perdu une  bataille mais pas la guerre. Et ce qui avait semblé être une débandade de ces derniers aux premières heures de l’opération Serval s’apparente aujourd’hui à un vrai repli tactique. Ainsi donc les islamistes ont réculer pour mieux sauter ! La résistance inattendue des barbus, leur capacité de nuisance ainsi qu’ils l’ont démontré ces temps-ci avec cette nouvelle forme de guerre « asymétrique », faite d’attentats-suicides, d’enlèvements, etc.  commande non seulement une vigilance plus accrue de la part des alliés pour la sécurisation des villes « libérées » mais aussi et surtout une révision de la position de l’Elysée quant au retrait de ses forces combattantes engagées dans, ce qu’il convient d’appeler aujourd’hui, le bourbier malien  initialement prévu pour le mois de mars. Avec les barbus qui reprennent du poil de la bête, le pire est certes encore à craindre surtout dans le rang des troupes françaises qui cristallisent beaucoup plus le courroux des islamistes. Mais la France doit aller au bout de son intervention. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle ! Si le coq gaulois quitte le navire Mali pendant qu’il prend encore de l’eau de toute part, et avec à bord dont la formation est revoir, c’est sûr qu’il perdra le capital sympathie mais aussi l’enthousiasme qu’il a suscité au bord du Djoliba mais bien au-delà au lendemain de son intervention au pays de Mari Djata. Comme on dit au Far West si tu tires sur un homme, assure-toi qu’il est bien mort !

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