LITTERAURE BURKINABE ECRITE

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

                                    

 

 

 

 

 

 

                                         Des fautes & des règles

 

 

 

 

 

 

 

En attendant la sortie officielle de mon dernier ouvrage : Des fautes & des règles, prévue pour octobre, je vous invite à le découvrir  à travers quelques éléments du paratexte, notamment l'avant-propos et l'avertissement.


 

                                      AVANT-PROPOS


La langue française est riche, riche de ses nuances, de ses images, de ses tournures à vous faire « perdre votre français ». On dit d’elle qu’elle est la langue de la diplomatie par opposition à l’anglais qui serait la langue du commerce, des affaires, et aujourd’hui de la mondialisation. Oui, la langue de Molière est complexe, très complexe ; on lui reproche bien souvent, à tort ou à raison, ses nombreuses irrégularités. Véritable casse-tête chinois donc pour ceux qui veulent la pratiquer sans approximation, sans fautes, l’usage du français peut, toutefois, se révéler moins périlleux pour peu qu’on soit au courant de certaines règles et qu’on veuille bien les appliquer. C’est ce à quoi voudrait servir ce vade-mecum.
Il ne s’agit guère, pour nous, de vous présenter une batterie de règles de grammaire, d’orthographe, de conjugaison, etc. tout aussi difficiles à comprendre qu’à appliquer. Les établissements d’enseignements secondaire et supérieur, la publicité, la presse, les œuvres littéraires, les discours politiques nous fournissent, chaque jour, beaucoup d’exemples d’entorses faites à la langue française.  Eh ! oui, la pauvre, elle est plus malmenée qu’il n’y paraît dans nos écoles, bureaux et journaux ; souvent même par ceux qui sont censés l’enseigner ou la maîtriser ! Ces fautes nous serviront donc de corpus d’étude. Dans chaque cas, la transgression sera cernée et expliquée. Ensuite, nous rappellerons la ou les règles qui auraient permis de l’éviter. 
Ce livre, nous le dédions aussi à nos apprenants dont les erreurs nous ont permis de nous améliorer. Avec eux, nous avons compris humblement ceci : enseigner, c’est apprendre.
 À tous les praticiens de la langue française, puissent les règles ici (re)visitées nous aider à mieux appréhender certaines de nos maladresses et donc à les éviter.



                                        AVERTISSEMENT



Plus tôt que d’énoncer des règles théoriques qui risqueraient de paraître abstraites à beaucoup d’usagers de la langue française (qui n’ont pas fait leurs humanités), nous avons voulu dans le cadre du présent livre que nous souhaitons vraiment très pratique nous baser sur de « vraies » fautes faites par   de « vrais » usagers du français. C’est ainsi que pendant près de deux années, nous avions parcouru les médias burkinabè, en l’occurrence la presse écrite, mais aussi les œuvres littéraires et la publicité à la recherche d’éventuelles fautes. Sacrée besogne ! Patiemment et obstinément, nous avons glané ici et là pas mal d’entorses faites à la langue de Molière. Certaines, les plus pertinentes, servent de corpus d’étude dans le présent ouvrage intitulé : Des fautes & des règles.
Pour ne froisser qui que ce soit, nous ne citons aucun organe de presse, aucune structure encore moins des individus. Car, faut-il le rappeler, l’objectif fondamental de ce livre n’est point de faire étalage de notre maîtrise du français ; encore que nous sommes loin, très loin de le maîtriser si tant est qu’on peut même prétendre avoir la maîtrise d’une langue qui est en principe dynamique, donc insaisissable.
À ce sujet, un professeur de français qui était de nos aînés, un vieux de la vieille, très à cheval sur les questions de langue, avait une fois soumis ses élèves à un devoir d’orthographe portant sur les adjectifs numéraux cardinaux. Il avait demandé à ses apprenants d’écrire en toutes lettres un certain nombre de chiffres. Nous retiendrons, juste à titre illustratif, 33000. Les élèves, dans leur écrasante majorité, l’avaient orthographié ainsi qu’il suit : trente-trois-mille. Il colla des zéros à toute la classe. Pourquoi ? Parce que certainement de son temps, on lui avait appris cette sacro-sainte règle qui voulait que seuls les nombres inférieurs à 100 s’écrivent avec un trait d’union.
Mais ce que le kôrô  ignorait, c’est que la langue n’étant pas statique, les règles en la matière avaient entre temps évolué. En effet, il a été publié dans le Journal officiel de la République française, le 6 décembre 1990, des Rectifications de l’orthographe. Ces rectifications stipulent ceci :
Dans les numéraux composés exprimant un nombre entier, tous les éléments qui ne sont pas des noms sont reliés par des traits d’union. Ne sont donc pas concernés les noms dizaine, vingtaine, centaine, millier, million, milliard…
 
Au regard de ces nouvelles dispositions, ni trois, ni trente, encore moins mille n’étant des noms comme dizaine, centaine ou millier, il ressort donc que les pauvres élèves ne méritaient guère la note zéro quand bien même, ils n’auraient agi que par pur hasard. C’est certain que si ce brave enseignant en était informé, il aurait agi autrement.
Cette anecdote vient étayer ce que nous disions alors précédemment : une langue se maîtrise difficilement. Notre ambition, notre unique ambition, est donc de partager de modestes connaissances que des années d’études littéraires mais aussi d’enseignement et de pratique du français nous ont apprises dans le secret espoir que cela puisse servir un tant soit peu à quelque chose. Adamou L. KANTAGBA

 

Publié dans Critique littéraire

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Hadiza 25/09/2013 13:38


Ecoute, tu devris penser aussi au cours de grammaire et d'orgtographe pour les mauvais élèves comme nous qui avons assez souvent séché les cours de français...


Bonne suite. On attend l'oeuvre impatiemment

Adamou L. KANTAGBA 25/09/2013 14:49



bonne nouvelle grande soeur! l'éditeur vient de m'appeler le livre est sorti. Mais toi, tu es un as de la plume, tu as fait tes humanités.