PRESIDENTIELLES MALIENNES

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 

 

 

 


Le 2e tour ou la crise ?

 

Nom d’un politichien ! À quel jeu joue le ministre de l’Administration territoriale malien ? Vous vous imaginez la chose… À peine l’incendie éteint (les rebelles du Mujao, Ansar Dine MNLA et d’Aqmi contraints à la clandestinité) que les politicards de la capitale malienne veulent jeter de l’huile sur le feu en plongeant le pays du grand Soundjata dans une grave crise postélectorale qui ouvrirait béante la porte de toutes les incertitudes.   Si ce qui s’est passé après l’élection du 28 juillet, ce n’est tenter le diable, ça y ressemble fort.

Un grand commis de l’Etat qui vient s’asseoir, comme ça, les f… en l’air, sans chiffres mêmes provisoires, sans rien, proclamer urbi et orbi que IBK, Ibrahim Boubacar Keïta est largement devant son principal challenger Soumaïla Cissé et que si la tendance devait se maintenir, il n’y aurait pas de second tour. Quelle tendance ? Il faut avoir peur de Dieu. Partout ailleurs, on donne d’abord les résultats provisoires, ensuite si l’on veut se livrer à une masturbation intellectuelle, on procède à des extrapolations. Mais, on ne met jamais les élucubrations avant les bœufs, si ce n’est sous nos démocraties tropicalisées qu’on peut le voir.

Mais, à ce niveau aussi, les temps ont changé, le discours de la Baule est loin, bien loin. Les effluves du jasmin consécutives au printemps arabe se sont disséminés ici et là. Les peuples sur les bords du Sénégal, du Kadiogo, du Djoliba, etc. n’entendent plus se laisser conter les choses. Plus rien ne sera comme avant. N’en déplaise à ceux qui veulent très souvent de l’extérieur imposer leur homme lige. Les « Moi, président… » et autres Oncle Sam doivent se le tenir pour dit.

C’est, probablement, dans cet esprit, que le candidat de l’URD, le bien-aimé Soumaïla Cissé ainsi que le Front du refus, la Coalition qui le soutient n’entendent pas se faire rouler dans la farine, avec ce KO savamment orchestré et sur lequel, on semble préparer les esprits. La sortie prématurée du représentant de l’OIF renforce ce sentiment d’une messe déjà dite.

Pourtant, l’élection de IBK dès le premier tour semble pour le moins probable dans le cadre d’un scrutin libre et transparent. En effet pour être populaire, l’ancien patron de l’Umeoa l’est auprès des Maliens qui se sont mobilisés autour de sa candidature tout le long de sa campagne.

C’est le lieu de saluer la décision courageuse de Robert Mugabe de refuser la présence de ces touristes électoraux qu’on appelle abusivement Observateurs internationaux dans son pays pour les élections présidentielles qui s’y déroulent. À quoi bon en effet inviter des observateurs dont la présence égale l’absence.  Des observateurs qui n’observent rien dont la chanson reste et demeure toujours la même : « Quelques irrégularités ici et là mais qui n’entachent en rien la crédibilité et la validité des résultats ».

         Pourquoi l’OIF, le gouvernement malien, par la voix de son ministre de l’Administration, semblent pas vouloir de second tour ? Les socialistes français ont-ils déjà jeté leur dévolu sur leur camarade socialiste IBK comme prochain locataire du palais de Koulouba ?

         Il est important que sans aller aux affrontements que les opposants politiques ne se laissent plus voler facilement les voix de leurs électeurs. En cela, Soumaïla Cissé montre la voie.

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