Prise d'otages. L'Algérie montre la voie

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

La prise d’otages perpétrée le 6 janvier sur le site d'In Amenas, dans le centre-est de l'Algérie, vient de connaître son épilogue. Une chute sanglante qui sonne la victoire d’Alger sur les groupes terroristes dont une faction serait conduite par un ancien  dissendent de Alqaïda au  Maghreb islamique (Aqmi), le très redouté Mokhtar Belmokhtar surnommé le « Borgne » qui espérait beaucoup de cette prise d’otage en terme de rançon pour financer les différentes tentacules de la nébuleuse Alqaïda non seulement au Sahel mais au Magreb. Hormis le trop grand nombre de morts qu’on peut et qu’on doit délporer surtout au niveau des otages, les autorités algériennes après la vaine tentative de négociations ont su très vite prendre leurs responsabilités en autorisant l’assaut des forces spéciales algériennes contre les terroristes ; cela n’en déplaise aux diplomaties occidentales dont Londres, Washington, etc., à travers leur Premier ministre ou leur  Porte-parole, sont montées au créneau  pour dénoncer le fait de n’avoir été prévenu  de ceci ou de cela. Encore que c’est un mauvais procès qu’elles font  à Alger car a-t-on jamais vu ces prétendues puissances demander l’avis de qui que ce soit avant de lancer une opération militaire dès que leurs intérêts et/ou leurs ressortisants sont menacés, souvent même  à des milliers de kilomètres de leurs frontières ? L’Oncle Sam n’a-t-il mené la guerre en Irak envers et contre tous ? Une guerre qui cachait en filigrane des intérêts pétroliers et géostratégiques. Pour  sauver Michel Germaneau en 2010 ; Denis Allex, tout récemment Paris n’a-t-il pas engagé des actions militaires malheureuses qui ont occasionné la perte de ceux-là mêmes qu’on était censé sauver ? Qui a-t-on consulté en amont ? En agissant de façon unilatérale, l’Algérie montre aux Occidentaux et autres nations combien elle est jalouse de sa souveraineté et combien elle entend l’exercer et résoudre les problèmes algériens à l’algérienne. C’est une position qui suscite des mécontentements ici et là, mais Alger agit et assume ses responsablités. Vogue la galère ! Quant aux terroristes,  qui sous le vernis de la religion poursuivent très souvent des intérêts bassement égoïstes, à travers toute la puissance de feu utilisée pour la libération des otages,  Alger semble sans doute leur envoyer  un message fort : Ne vous y trompez pas ; qui s’y frotte s’y pique ! Que les preneurs d’otages se le tiennent donc pour dit.  Et la réaction des autorités algériennes, de ce point de vue, est parfaitement légitime. En effet, s’il faut être doux avec les doux, il faux être tigre avec les tigres. Les terroristes ne se sont pas simplement limités à prendre des otages, encore que là aussi rien ne plaidait en leur faveur (des centaines de travailleurs algériens et une quarantaine d'étrangers) ; ils s’en sont pris aussi et surtout à l’un des principaux site gazier du pays,  le site d’In Amenas, principal poumon économique de l’Algérie. C’est à se demander quelle mouche à pu bien les islamistes pour qu’ils commettent autant d’impairs ces derniers temps. Au Mali ce sont eux, les terroristes, qui ont occasionné l’intervention militaire française qui a sonné la fin de la récréation en franchissant la ligne de démarcation et en tentant de prendre la ville de Konna. En s’attaquant au fleuron de l’industrie algérienne le « Borgne » et ses compagnons devaient savoir à quoi s’attendre. Pour emprunter le mot à Sankara, ils ont joué, ils ont perdu ! A lire aussi dans Le Soir.

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