QUESTION DE LANGUE VIII

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 
Censé ou sensé ?

 

 

 

 

 

 

L’agent de sécurité qui était sensé réguler les conduites, préférait fermer l’œil sur une indiscipline notoire pour ne pas compromettre sa carrière. 

Le passage ci-dessus est l’extrait d’un roman inédit que j’ai eu le bonheur et le privilège de parcourir. Dans cette phrase, s’est glissée une maladresse sur laquelle je voudrais que nous nous arrêtions. Il s’agit de l’emploi du mot : sensé.


Si sensé, homonyme de censé, existe bel et bien dans la langue de Molière, son emploi ici relève de l’erreur ou de la faute. Pourquoi ? Parce que sensé signifie entre autres qui se montre raisonnable, avisé. L’on dira, à juste titre, d’une personne qui est pleine de bon sens qu’il est sensé.

 

Mais pour le passage qui nous concerne, il ne s’agissait aucunement pas de dire que l’agent de sécurité était raisonnable, plein de bon sens, etc.


Il convenait plutôt d’utiliser : censé, qui lui signifie : supposé. En effet, c’est le mot qui convenait le mieux vu le sens général de la phrase.  On aurait alors eu ceci : L’agent de sécurité qui était censé (=supposé) réguler les conduites, préférait fermer l’œil sur une indiscipline notoire pour ne pas compromettre sa carrière.


Observation 


Dans le cas des homonymes, comme c'est le cas ici, au lieu de faire un passage en force et tomber dans la faute, il serait plus prudent, plus pragmatique, si l'on a des doutes, de jeter un coup d'oeil dans le dictionnaire. Après tout, il a été conçu pour ça.




 

Publié dans Critique littéraire

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