QUESTIONS DE REGLES IX

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 

Les liaisons dangereuses

Héros nationaux ou zéros nationaux ?

 


 

La semaine écoulée, à la faveur de la célébration des 53 bougies de nos forces armées nationales, j’étais calé devant mon petit écran suivant en direct grâce à la chaîne toujours au cœur des grands évènements la parade de ces hommes et femmes qui assurent notre sécurité tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de nos frontières.  

Dans leur uniforme, dans leurs petits souliers bien cirés, ils défilaient. Ils étaient superbes ! Les Marinvillois sortis pour l’occasion les acclamaient. On était loin des évènements de février passé, notre printemps arabe à nous. Les cœurs s’étaient réconciliés. On s’était pardonné depuis…

Dans cette euphorie de la fête, sans doute, le journaliste qui commentait la parade eut une liaison dangereuse qu’il n’aurait jamais dû avoir. En effet, parlant des monuments aux héros nationaux, il fit la liaison : monuments des z’héros nationaux. La chose eut comme l’effet d’une bombe !  Héros nationaux ou zéros nationaux ?

Lorsqu’on écoute les gens s’exprimer, ils ont tendance à faire systématiquement des liaisons, parfois très dangereuses, comme c’est le cas ci-dessus. Peut-être croient-ils ainsi démontrer leur maîtrise du français. Pourtant dans le français parlé, on ne doit faire de liaison que lorsque deux mots sont étroitement unis par le sens.

Dans le cas précis de la liaison ci-dessus, il faut rappeler que le bon usage n’autorise pas la liaison après un h aspiré. C’est le cas de héros, ici. Pas de liaison aussi avec un y aspiré, un mot isolé, après la conjonction de coordination et, après une consonne muette, etc.

Observation : La liaison ne doit point être forcée ; elle doit être agréable et harmonieuse.

Publié dans Critique littéraire

Commenter cet article