RESULTAT BEPC 2013 (Suite & fin)

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 

 

 

 

 

 

 

Le Mogho Naba Bâongo face aux candidats


        

 

 

 

  A-t-on eu tort de mettre le Mogho Naba Bâongo face aux candidats du Bepc session 2013 ? C’est le moins que l’on puisse dire à écouter les élèves. Servir du Mogho Naba aux élèves en guise d’entrée, un manque d’inspiration donc ? Le poème de Sa Majesté était tant dans la forme que dans le contenu intéressant et surtout plein d’enseignement. Quant aux questions sur le poème : maniement et connaissance de la langue, compréhension : rien de bien extraordinaire.

            Comment alors comprendre ces notes catastrophiques en français. Pour avoir corrigé les épreuves dans cette discipline, je sais de quoi je parle. L’une des pistes que j’entrevois, c’est la nature du texte : la poésie qui a dû embrouiller plus d’un candidat ce matin du 11 juin. C’est connu, les élèves n’aiment pas travailler sur la poésie. Même à l’Université, les travaux sur la poésie sont rares comme les larmes d’un chien.

            Alors pourquoi avoir choisi un texte poétique quand on sait que parmi nous enseignants, beaucoup évitent l’étude de la poésie comme la peste. Certains parmi nous en sont parfois allés jusqu’à dire à leurs candidats que jamais on n’enverra de poésie à l’examen. Voilà, c’est venu cette année. Et c’est sûr que beaucoup parmi les candidats n’avaient entendu parler de vers. Pour preuve, là où il était question de vers, certains élèves avaient juré qu’il y avait forcément erreur.

           C’est peut-être là, la part de responsabilité des enseignants et du comité de sélection des sujets.
          C’est peut-être là aussi la part de responsabilité de certains établissements surtout privés où les cours commencent chaque année très tard et finissent trop. Cela sans que l’Etat ou les Associations de parents d’élèves ne disent mot. Dans ces conditions que peut bien faire un enseignant malgré toute sa bonne volonté. Beaucoup de braves enseignants ont perdu leur vocation dans la vacation.


         Cet extrait du roman : Cœur de femme vous édifiera sur cette fameuse équation poétique.

             Quand il eut fini de s’exprimer, Boga consulta sa montre : il était dix-huit heures, le ciel était bleu et l’eau du barrage à quelques coudées de là avait aussi une jolie couleur bleue. Il soufflait un vent frais comme celui qu’on devait avoir dans les pays tempérés.
             - Je crois que je vais prendre congé, dit-il savoir ; ça fait un bon moment que je suis là.
           - Reste encore un moment, je t’en prie. Je m’en allais te demander de m’apprendre la poésie. Tu veux bien ?
             Est-ce que l’on peut raisonnablement refuser quelque chose à celle qu’on aime et qu’on courtise en vain ? Le Boga qui cherchait à se rapprocher d’elle se résigna à rester.
             - La poésie ? Vous devez cependant l’avoir étudiée, elle est inscrite au programme officiel en classe de 3e si j’ai bonne souvenance.
            - Oui, nous l’avions au programme. Mais le professeur, un vacataire, avait jadis dit que ça ne venait jamais au Bepc. Par conséquent il n’allait pas nous pourrir la vie avec ça, d’autant plus qu’on allait voir amplement le chapitre en question en classe de 2de. Mais comme je n’ai pas continué…

      « Certainement un enseignant qui a perdu sa vocation dans la vacation !» s’était-il dit tout bas.  

         - Ok ! Je vois, on va donc commencer par des sizains, et après on verra, lui répondit-il »  
           - C’est quoi déjà un sizain ? demanda Solange un peu perdue.
           - C’est juste un poème de six vers. 
           - Et un vers, qu’est-ce-que c’est ? enchaîna une Solange de plus en plus désemparée.
           Voyant le bas niveau de son élève, Boga jugea utile de l’initier d’abord au vocabulaire de la poésie. Cela lui prit toute une décade et ce n’est qu’au cours de la deuxième semaine qu’ils purent commencer à composer leurs sizains.

        Quand elle se fut familiarisée avec ces règles après lectures et relectures, elle commença à composer sous l’égide de son maître et amoureux. Entre deux vers, Solange lui demandait de lui raconter l’histoire de tel ou tel poète dont elle ne connaissait le plus souvent que le nom ou alors un bout de poème.

Publié dans Société

Commenter cet article