Suspension de journaux pro-gbagbo

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

africaSUSPENSION DE JOURNAUX PRO-GBAGBO

ADO doit revoir sa copie

Par ces temps qui courent,  avec les sanctions, qui comme une épée de Damoclès, planent au dessus des uns et des autres pour un oui ou un non, il faut dire que du côté de la lagune Ebrié, il n’est pas bon d’être une personnalité ou un organe proche de l’ancien président Laurent Gbagbo actuellement  devant la Cour pénale internationale de la Haye. Pourtant lors de sa prise de fonction, le président Alassane Dramane Ouattara avait donné des gages de bonne volonté et affiché une certaine fermeté de sanctionner sans exception  tous ceux qui, d’une manière ou d’autre,  ont commis des crimes durant les violences post-électorales. Comme l’homme passe pour tenir ses promesses, les paroles présidentielles,  avec l’élan de  réconciliation  nationale affiché,  avaient suscité beaucoup d’espoirs.  Certains caciques de l’ancien régime qui avaient pris le chemin de l’exil  avaient même cru bon devoir regagner le bercail pour participer à l’effort de reconstruction nationale. Mais un an après,  que d’espoirs déçus. Sur le terrain, les paroles n’ont été pas suivies  d’actes. Bien au contraire. En effet, alors qu’aucun pro-Ouattatra n’a été inquiété jusque-là pour quoi que ce soit dans la grave crise postélectorale qui a sécoué durablement le pays du vieux Féélix Houphouet Boigny, les pro- Gbagbo, et pas des mondres, ont maille à parir avec la justice ivoirienne. Laurent Akoun, secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), Justin Koné Katina porte-parole de l’ex-président ivoirien, le commandant Anselme Séka Yapo, ex-garde du corps de Simone Gbagbo, et bien d’autres encore ont été récemment interpellés sans qu’on ne sache très souvent pour quel crime de lèse majesté. Que dire aussi des cas de Simone Gbagbo, de Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, toujours en détention surveillée dans différentes régions de la Côte d’Ivoire ? Si ce n’est pas une justice des vainqueurs, les autorités ivoiriennes s’en défendent le cœur sur la main, ça y ressemble. Non content de s’en prendre aux bonzes de l’ancien régime, le pouvoir d’Alassame Dramane Ouattara semble, ces derniers temps, avoir la presse proche de Gbagbo dans son collimateur. En effet,  au courant de la semaine écoulée, l’on a appris avec stupéfaction la suspension par le Conseil national de la presse (CNP) de : Le Temps, Aujourd’hui, Le Nouveau Courrier, Lg Info, Le Quotidien d’Abidjan et L’Alternative, six quotidiens ivoiriens tous proches de Laurent Gbagbo. Pour quelles raisons ? Ces organes auraient été suspendus,  selon le CNP, pour avoir publié en quatrième de couverture des photographies représentant Laurent Gbagbo et ses proches emprisonnés, assorties de légendes mentionnant les postes de ministres. Et selon l’organe de régulation, cela serait de nature à entretenir  "le sentiment de l'existence de deux gouvernements en Côte d'Ivoire". Pratique qualifiée de séditieuse" et à même de  faire perdurer la crise post-électorale". Que craignent au juste les nouvelles autorités ivoiriennes ?  Un an après son accession à la magistrature suprême, ADO, plutôt que de tomber à bras raccourcis sur ses adversaires d’hier pour un oui ou un non, doit se préoccuper des grands chantiers qui l’attendent et sur lesquels il sera jugé au bout de son premier mandat : le redressement économique du pays. La réconciliation nationale claironnée, ici et  là, doit aussi plus que jamais être une réalité. Et cela ne va pas sans une certaine liberté d’opinion, d’expression. A ce sujet, le président Ouattara doit revoir sa copie. A lire également dans le Journal Le Soir

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