CONDITIONNEMENT DES OPINIONS PAR LES MEDIAS

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

CONDITIONNEMENT DES OPINIONS PAR LES MEDIAS
CONDITIONNEMENT DES OPINIONS PAR LES MEDIAS
CONDITIONNEMENT DES OPINIONS PAR LES MEDIAS
CONDITIONNEMENT DES OPINIONS PAR LES MEDIAS

Que comprendre ?

« Médias et conditionnement des opinions » ; tel était le thème de la quatrième conférence publique de l’année du Centre Educ Afrique tenu le 22 juillet 2017 à l’Institut Goethe de Ouagadougou. Pour traiter de cette épineuse question, c’est à Lucien Batcho, doctorant à l’Institut panafricain d’études et recherche en médias, information et communication (IPERMIC), qu’est revenu cette lourde responsabilité. Il a donc révélé au public comment les médias façonnent, à leur insu, les opinions des citoyens. 

 

« L’information est le plus vicieux des caméléons intellectuels », disait Heinz Von. Depuis le développement de la presse à grand tirage à la fin du XIXe siècle, l’information produite par les médias fait régulièrement l’objet de critiques. Le rôle de la presse, notamment son pouvoir réel ou supposé, a toujours donné lieu à des polémiques. De plus en plus, le réquisitoire se focalise sur la manipulation des opinions.

Pour mieux livrer sa communication, le conférencier, Lucien Batcho, l’a décliné en trois parties. Il a d’abord passé en revue quelques théories de la manipulation, avant d’en analyser les causes. Il a enfin, proposé des pistes au public pour limiter le conditionnement de leur opinion par les médias.

« Le conditionnement des opinions est savamment orchestré par plusieurs théories dont les quatre principaux sont : la théorie de la manipulation de l’opinion publique de Edward Bernays ; le modèle de la seringue hypodermique qui consiste en des messages homogènes et répétitifs. Celle de l’agenda setting et du two step flow of communication consistent respectivement en l’insistance des médias sur une information ou dans le relais de la même information par d’autres médias », selon le conférencier.

Toutes ces théories visent à « contraindre » la libre pensée du public et à l’orienter dans un sens ou dans l’autre. Le conférencier a expliqué, par exemple, que dans les cas ci-après, il y eut manipulation de l’opinion : l’invasion de l’Irak, la guerre de l’Afghanistan, le bombardement de la Lybie, etc. C’est pour cela qu’au moment des faits, ces actes étaient considérés par une grande partie de l’opinion publique comme légitimes. Ce n’est que des années plus tard, que l’on se rend compte de la supercherie. 

Le conditionnement des opinions peut aussi être recherché dans l’appartenance du média, son propriétaire, sa ligne éditoriale et l’environnement de son exercice. « Les médias sont plus que jamais soumis à des pressions qui réduisent la marge de manœuvre de ces derniers dans le traitement de l’information », constate le conférencier. De nos jours, la liberté de la presse est une propriété. La survie d’un média dépend du ton de son éditeur, de sa ligne éditoriale, dictée par d’autres intérêts économiques et politiques. À côté de cela, les conditions de rémunération des journalistes peut contrebalancer l’information dans tel ou tel au sens.

Comment échapper au conditionnement des opinions ? Le conférencier est catégorique : « Nul ne peut échapper au conditionnement des opinions ». On peut tout au plus limiter les dégâts. À cet effet, chacun doit améliorer son esprit critique en se formant davantage. Il a également invité l’assistance à « chercher à percer » les lignes éditoriales des différents organes. Cela permettra de ne pas se laisser berner par l’information véhiculée.

Les médias nationaux devraient par ailleurs se forger leur propre vérité sur des questions internationales. Il les a appelés à éviter le prêt-à-porter en matière d’information.  Cela permettra aussi de limiter l’influence du traitement de l’information sur les opinions des uns et des autres.

Ousmane TIENDRÉBÉOGO, Adamou L. KANTAGBA

Publié dans Société, Actualité

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