Lettre à un jeune

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cher ami,

       

Tu entends certainement les leaders politiques dire que la jeunesse est le fer de lance de tout développement. Même si ces paroles ne sont pas très souvent accompagnées d’actes concrets, ce qu’ils déclarent est bien vrai. C’est dire alors cher ami que la nation tout entière compte sur toi. Toi et tes camarades, vous êtes le Burkina de demain. Pour cela, il te faut donc redoubler d’ardeur dans ce que tu fais. Surtout, avoir confiance en toi et en ce que tu entreprends. Si tu veux être journaliste, écrivain, avocat, astronaute, ingénieur, agronome, astronaute, climatologue, hommes d’affaires, ministres, président, ou je ne sais quoi encore ; un conseil : ne laisse personne te dire ou te faire croire que tu ne pourras pas l’être. Peu importe ton niveau actuel, tu peux t’améliorer et finir par exceller dans le domaine que tu t’es choisi. On ne nait pas intelligent, journaliste ou président, etc., on le devient. Il faut juste y croire et travailler de façon constante et dans la persévérance. Rien de solide ne se construit dans la précipitation. Ce n’est pas pour rien que l’adage dit que Rome ne s’est pas construit en un seul jour. Encore une fois, retiens que tout est constance dans le travail et confiance en soi. Pour illustrer mon propos, je m’en vais à mon tour, cher ami lecteur, te raconter cette histoire qu’une sage personne m’a contée. Elle t’édifiera beaucoup. Raconte-la autour de toi.

         X était tout le temps aux côtés de Y. Et chaque fois quand Y rentrait dans son bureau, un splendide bureau digne de celui de Kosyam, il tirait d’un des tiroirs quelque chose qui ressemblait à un cahier. Il le feuilletait un instant, secouait la tête plusieurs fois de la gauche vers la droite, puis de la droite vers la gauche et se mettait à sourire, s’il ne riait pas tout simplement. Il en était ainsi chaque fois. N’en pouvant plus, un jour, X demanda à Y ce qu’il regardait tout le temps pour tourner ensuite la tête et se mettre à sourire.  Y lui ouvrit son cœur et lui confessa : « Ce que tu me vois tant regarder, c’est mon livret scolaire. Ce qui me fait marrer ce qu’un des mes enseignants y avait noté comme appréciations me concernant : « Elève idiot et sans avenir [1]»...

         Alors, à toi maintenant cher ami, je m’en vais te poser une question à mille francs. Sais-tu qui était ce fameux Y ? Tu ne sais pas. Eh bien, laisse-moi te le dire : c’était l’ancien Président de la République d’Algérie : Chadli Bendjedid. Il présida aux destinées de l’Algérie pendant prés d’une quinzaine d’années de 1978 à 1992. C’est lui qui fit adopter en février 1989 une nouvelle constitution qui consacra le multipartisme en Algérie. Tu t’imagines, lui dont on avait écrit dans le livret : « Elève idiot et sans avenir ». Penses-tu, vraiment, qu’il avait cru, un seul instant, ce que son enseignant ou d’autres personnes pensaient de lui ? Non !  Il avait foi en lui et il a pris son destin en main.

 J’allais oublier X. Oui, X, c’était son Directeur de Cabinet.

         Je peux t’en raconter beaucoup, des histoires comme ça où des « prophètes de malheurs » ont annoncé à des personnes qu’ils ne réussiraient pas dans la vie, ou bien  qu’ils ne réussiraient pas dans tel ou tel domaine. Mais ces mêmes gens, à force d’abnégation dans le travail et une certaine conviction ont fini par se hisser au sommet dans le secteur d’activités qu’ils se sont choisis.

Moralité de l’histoire, mon cher ami, ne laisse personne te dire ce que tu seras ou ne seras pas. Tu es le seul artisan de ton destin. Autrement dit, le roman de ta vie n’est pas totalement fini, tu peux encore y écrire les plus belles pages. Il te suffit d’y croire. 

Avant de clore cette si longue letrre, je te laisse à méditer cette dévise du célèbre meneur des Chicago Bull’s, Mickael Jordan : « Je ne renonce jamais avant d’avoir essayé ».Promets-moi d’y méditer... A bientôt !

A. L. K.



[1] Signalons qu’au Burkina Faso, les textes officiels interdisent clairement ce type d’appréciation dans les bulletins et autres.  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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