Musique burkinabè. Kundé d'or, et après?

Publié le par Adamou L. KANTAGBA

dez altinoLes lampions se sont éteints sur la dernière édition des trophées de la musique burkinabè, les Kundé, qui se tenaient ce vendredi 26 avril à la salle des banquets de Ouaga 2000. Cette édition qui, une fois n’est pas coutume, était placée sous le parrainage de Mme Chantal Compaoré, épouse du Chef de l’Etat à tenu toutes ses promesses, selon son promotteur Asalfo Soré, alias Jah Press.

L’évènement était riche en son et couleur avec la brochette d’artistes ayant fait le déplacement. En dépit du prix du billet 50000f cfa qu’on aurait cru hors de portée de la bourse du Burkinabè lambda, la salle des banquets étaient noire de monde. C’est à se demander si la vie chère est bien une réalité pour tout le monde à Marinville. Jazz à Ouaga, dit-on, fait également salle comble, à guichet fermé ! Mais revenons à nos Kundé dont les résultats sont tombés drus comme une pluie d’août. Dez Altino ravi la vedette à Flobby et aux Players. 

Les Kundé se veulent un cadre de promotion de la musique burkinabè et de ce point de vue Jah Press et ses pairs doivent se retrousser davantage le manches car comme on dit à Rood Woogo, le grand marché de Ouaga : « C’est bon mais… c’est pas arrivé ». En effet que sont devenus les Smokey, les  Yeleen, les Amety Meria, les Eugène Kunker et autres qui avant Dez Altino ont été bombardés Kundé d’or ? Que leur a apporté concrètement sur le plan de leur carrière le fameux Kundé en dehors bien sûr des espèces sonnantes et trébuchantes, le « gombo », pour parler comme les artistes, dont ils ont été gratifiés sur le champ en plus de quelques autres gadgets offerts par les sponsors ? 

 Les Kundé d’or ont-ils vraiment permis aux musiciens lauréats d’être beaucoup plus sollicités au plan national  et donc de beaucoup plus prester ; d’ouvrir une carrière sur l’international ? Le commissaire général des Kundé, Jah Press et ses preux lieutenants, une fois le trophée remis, accompagnent-ils seulement leurs lauréats ? L’accompagnement est-il conséquent ? Ce sont autant de questions auxquelles le Commissariat général des Kundé doit s’attaquer et trouver des solutions qui conviennent pour aller au bout de leur initiative. Car s’il est bien de consacrer un artiste Kundé d’or, l’accompagner pour booster sa carrière surtout le plan international, c’est encore mieux. C’est toute la différence d’avec une initiative comme le prix Rfi Découvertes du monde.2cv rfi Un musicien qui se voit gratifier de ce prix est assuré ipso facto d’une belle carrière. Le lauréat bénéficie, en effet, au-delà des numéraires d’une tournée internationale. Le réseau des Instituts français et autres Alliances françaises dans le monde est mis à contribution. Bref, la machine est mise en branle pour que le lauréat soit une véritable star : Amadou & Miriam, Tken Jah, pour ne citer que ceux-là, en sont de belles illustrations. C’est dans ce sens que devraient travailler non seulement les Kundé  mais aussi les différents prix instaurés ici et là pour récompener les artistes. Faire en sorte que les artistes lauréats de certains prix comme les Kundé d’or (Dez Altino, Flobby, etc.), le Grand prix national des arts et des lettres (Jean Pierre Guingané, Jacques Prosper Bazié, etc.), et j’en passe,  soient de vraies stars et non pas des « starlettes » connues seulement à Ouaga et à Bobo. Il y va du rayonnement culturel international de notre pays. L & E

Publié dans Critique littéraire

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